Les libraires gauchers de Londres – Garth Nix

Editeur : Editions Leha

Parution : 13 mai 2022

Genre : Young adult

Traduction : Florence Bury

Résumé : Londres, 1983 – ou presque. Armée de maigres indices, Susan part à la recherche du père qu’elle n’a jamais vu. Mais sa source la plus prometteuse est en réalité une créature du monde magique, qu’un libraire très spécial élimine sous son nez.

Car les libraires sont avant tout les garants de l’équilibre entre le monde réel et le monde mythique – quand ils ne s’occupent pas de vendre des livres. Merlin et Viviane en font partie, et leurs pouvoirs hors normes ne seront pas de trop pour sortir Susan des mauvais pas où elle a le don de se fourrer.

Avis : Si vous avez suivi mes posts sur Instagram vous le savez : ce roman me tentait énormément. Evidemment, avec un tel titre et ce résumé, je ne pouvais pas résister !

Bien décidée à découvrir l’identité de son père, Susan quitte sa campagne pour se rendre à Londres. Mais sa seule piste s’éteint lorsqu’elle assiste à la mort pour le moins spectaculaire d’Oncle Franck. Sauvée par Merlin, jeune et fantasque libraire, la jeune femme plonge, bien malgré elle, tout droit dans un monde fantastique et dangereux, où d’étranges créatures semblent déterminées à mettre la main sur elle. Que peuvent-elles bien lui vouloir ? En compagnie de Merlin et de la sœur de ce dernier, Susan part à la recherche de son passé – et d’elle-même… à condition de parvenir à déjouer pièges et complots.

Très rapidement, nous nous retrouvons plongés dans un univers dense et foisonnant, à la mythologie riche et travaillée. Je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce monde, très immersif, créé par l’auteur ! C’est la mention du métier de libraire qui m’a fait choisir ce roman, et j’ai adoré l’idée que ces êtres supérieurs (mais si, mais si) soient dotés de pouvoirs – différents d’ailleurs selon qu’ils soient droitiers ou gauchers, chargés de préserver l’équilibre entre le monde connu, réel, et le monde ancien, peuplé de créatures et autres dangers. Si certaines créatures font échos à d’autres que l’ont connaît bien (les gobelins, ou les suçoteurs qui ne sont pas sans nous rappeler les vampires), j’ai beaucoup aimé l’originalité d’autres, comme le fils-du-chaudron. Les rebondissements sont nombreux, le récit est dynamique et nos personnages ne tiennent pas en place : on ne s’ennuie pas une seconde !

Justement, les personnages, parlons-en ! Si j’ai trouvé que Susan acceptait un peu trop facilement tout ce qui lui tombe sur la tête, je l’ai malgré tout trouvée attachante, courageuse et déterminée. J’ai également bien aimé Viviane, plus posée que les deux autres peut-être, mais j’avoue que ma préférence va à Merlin, pour sa sensibilité, sa fantaisie, sa liberté.

Pour autant, j’ai mis un petit moment à lire ce roman. Je ne sais pas si c’est la traduction ou le style de l’auteur, mais j’ai trouvé que c’était parfois complexe, que le tout manquait de fluidité et quelques longueurs m’ont fait sortir de ma lecture. De plus, j’aurais aimé que le métier de libraire soit plus important dans l’intrigue, mais au final ce n’est presque qu’anecdotique. D’ailleurs, je ne comprends pas trop pour le titre focalise sur les gauchers alors que Viviane par exemple est très présente mais droitière.

En bref, malgré ces petits bémols, j’ai apprécié ma lecture grâce aux personnages attachants, au rythme dynamique et à l’univers riche et passionnant créé par l’auteur.

Super cahier d’activités et de coloriages Trotro et Zaza – Bénédicte Guettier

Editeur : Gallimard Jeunesse

Parution : 2 juin 2022

Genre : Jeux et coloriages

Avis : L’arrivée des vacances est le moment parfait pour faire le plein d’activités pour occuper les enfants ! Je ne sais pas chez vous, mais ma fille adore ce genre de cahier, rempli de jeux, de coloriages, de dessins à compléter, etc. Et, surtout, elle adore Trotro, alors comment lutter ! 😛

Pendant presque 50 pages, l’enfant est invité à colorier ses personnages préférés en suivant un modèle, à retrouver des éléments dans les dessins, à compléter des dessins en suivant une consigne, inventer de nouvelles coiffures. On a également des rébus, des jeux de logiques, de différences, des points à relier, un peu d’écriture, etc. Vous l’aurez compris, c’est plutôt complet et varié ! En prime, on trouve un grand poster à colorier.

Voici donc un super cahier d’activités qui devrait occuper votre enfant un petit moment ! 🙂

Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour la confiance et l’envoi !

10 petits lapins – Vanessa Hié

Editeur : Seuil Jeunesse

Parution : 3 juin 2022

Genre : Album Jeunesse

Avis : Je vous retrouve ce soir avec l’album qui a été LA lecture du week-end. Ma pauvre Manon est rentrée avec la varicelle vendredi, autant vous dire que ces derniers jours ont été quelque peu compliqués ! Mais puisque lire ne peut jamais faire de mal, nous avons trouvé refuge dans les livres. Dimanche, je me suis donc baladé trois fois avec ces petits lapins, rebelote ce soir, je peux donc vous en parler parfaitement 😀

Dix petits lapins cheminent joyeusement à travers bois. Mais la route est longue et mille dangers les guettent dans les fourrés. Tiens, d’ailleurs, où vont-ils comme ça ? Mais au fil du temps, les lapins disparaissent un à un, jusqu’à ce que le dernier arrive, seul, à destination. Où sont passés tous les autres ?

Merveilleux livre à compter, cet album nous emmène sur la route de l’école (les lecteurs auront aperçu le panneau de direction dès la première page) où, un à un, les lapins disparaissent mystérieusement. Initialement 10, ils passent à 9, à 8, à 7, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul lapin qui franchisse les portes de l’école. A chaque double page, la page de gauche se déplie, montrant la place désormais vide, à l’exception d’un indice (une paire de lunette, un mouchoir, une tête de blaireau ou de renard…), nous laissant avec cette terrible et lancinante question : le lapin a-t-il été dévoré ?

Et puis, l’on arrive à la fin et sa chute, surprenante et rigolote, qui se dévoile joyeusement. Une chose est sûre, Vanessa Hié nous a bien eus !

Comme dit plus haut, Manon a adoré cet album. Elle a beaucoup aimé compter les lapins, les voir disparaître et chercher les indices laissés derrière eux, déplier la page, mais aussi le fait que l’on parle d’école. De mon côté, j’ai apprécié les charmantes illustrations fourmillantes de détails, ainsi que le texte rythmé et travaillé, ponctué de questions invitant l’enfant à s’interroger sur ce qui se passe et être attentif.

En bref, 10 petits lapins est un album à compter réjouissant, mêlant joyeusement mystère et humour, pour le plus grand plaisir des enfants dès 3 ans.

Merci aux éditions du Seuil jeunesse pour la confiance et l’envoi !

A un cheveu – Maëlle Desard

Editeur : Slalom

Parution : 28 avril 2022

Genre : Roman ado

Résumé : À 17 ans, Emma aime la natation, son frère presque jumeau, le chocolat et dessiner dans les marges de ses cahiers. Elle serait à un cheveu de la belle vie si elle n’avait pas perdu les siens, de cheveux, deux ans plus tôt (tandis que le reste de ses poils a continué à pousser, merci bien !). Affublée d’une d’une perruque avec laquelle elle entretient une relation d’amour-haine quasi mystique, Emma décide de profiter du déménagement de sa famille pour repartir de zéro. Nouvelle vie, nouveaux amis… et peut-être un premier amour !

Avis : Si dès la lecture du résumé j’ai eu envie de découvrir ce roman, c’est suite à un avis plus qu’élogieux sur Instagram que j’ai décidé qu’il ne passerait pas une seconde de plus dans ma PAL 🙂 et autant vous dire tout de suite que j’ai vraiment bien fait !

Après avoir été harcelée dans son ancien lycée, Emma recommence à zéro dans un nouvel établissement. Pour mettre toutes les chances de son côté, elle décide de cacher LA raison pour laquelle elle était devenue la cible de prédilection de ses camarades de classe : son crâne dégarni. Car oui, Emma souffre d’alopécie, une maladie qui lui fait perdre ses cheveux. Alors puisque pour elle il est hors de question que quiconque dans sa nouvelle ville l’apprenne, la jeune fille décide de porter une perruque. Le prix de la tranquillité, passant par un semblant de normalité. Et tant pis si pour préserver son secret elle doit renoncer à la natation, sport dans lequel elle excelle et qui lui apporte tant. Malgré la distance qu’elle tente de maintenir bientôt elle se rapproche d’Anis, une camarade de classe qui cache aussi quelques problèmes sous sa carapace.

Une fois la dernière page du roman tournée, j’ai fait quelque chose que je fais rarement : j’ai envoyé un message à l’autrice pour lui dire tout le bien que je pensais de son livre, c’est dire ! C’est simple, j’ai adoré ma lecture. Bon, par où commencer ? Peut-être par ce qui m’a le plus marquée : le ton utilisé par l’autrice, sa légèreté et sa puissance. Malgré (et sûrement grâce à) ce qu’elle vit, Emma a un sens de la répartie et de l’humour complètement fous. On a droit à de merveilleuses punchlines qui m’ont fait exploser de rire plus d’une fois.

Pourtant – et c’est aussi ce que j’ai aimé dans ce roman – on aborde énormément de sujets lourds ou importants : la maladie avec l’alopécie, le regard des autres, l’acceptation, la souffrance, les apparences, le harcèlement (en ligne ou à l’école), l’amitié, les relations toxiques, l’amour, la féminité et ce que la société attend physiquement d’une femme. C’est pour tout ça, pour la diversité des thèmes abordés, l’humour et les réflexions féministes que je trouve que ce roman est une petite pépite.

Evidemment, ce roman est porté par Emma, son histoire, sa mentalité, son humour. Mais j’ai également beaucoup aimé la relation qui la lie à son frère, toujours là pour la protéger et la soutenir. Anis également m’a énormément plu, pour son caractère mais aussi ce qu’elle apporte à Emma. Et puis, Jacob, quoi 🙂 J’avais lu quelques avis qui reprochaient le ton parfois trop cru/vulgaire du roman, eeeeeeet j’avoue que j’ai été un peu déroutée de lire certains mots dans un premier temps ; sauf que, soyons honnêtes deux minutes, c’est comme ça que les jeunes/gens parlent aujourd’hui (et encore, en réalité ils disent « bien pire » qu’un mot commençant par B et finissant par E ahah). Et c’est ça aussi qui est cool avec ce roman : la sincérité, la justesse, la crédibilité des propos. On y est, on s’y croirait. Emma, ça pourrait être votre amie, votre, sœur, votre cousine. En lisant ce roman, j’arrive à percevoir tout le bien que peut faire la littérature jeunesse aux ados. J’espère aussi que ce genre d’histoire ouvrira aussi les yeux à certaines personnes parfois trop promptes à se moquer sans chercher à voir derrière les masques que l’on porte, sans voir la souffrance, qu’elle soit liée à une maladie ou à toute autre chose.

Comme toujours j’ai peur de ne pas réussir à trouver les bons moments pour vous convaincre de lire ce roman, alors je vais m’arrêter ici avant d’en arriver à vous supplier 😛 Promis, vous allez rire, sourire, être ému et touché, surtout vous verrez, des semaines après avoir fini ce roman vous penserez encore à ses personnages en espérant que la vie leur réserve plein de jolies choses. Clairement, pour moi il est à ranger dans la catégorie des romans féministes, positifs, forts, lumineux, marquants, et je dirais même essentiels. ALORS LISEZ-LE DE TOUTE URGENCE ! 😛

Bob le bobo – Mélina Schoenborn & Sandra Dumais

Editeur : L’heure des histoires

Parution : 9 juin 2022

Genre : Album jeunesse

Avis : Vous connaissez Bob ? Bob c’est un bobo, un gentil petit bobo qui s’ennuie. Il aimerait bien trouver un endroit où se blottir. Alors il décide d’aller se promener, à la recherche d’un petit coin de peau où s’installer. D’abord il aperçoit une petite fille qui fait de la planche à roulettes. Et si elle faisait une chute ? Mais non, les autres bobos le chassent, il n’y a plus de place !

Le vieux monsieur est trop fragile alors Bob le laisse tranquille, quant au bébé c’est son papa qui le protège. Mais un peu plus loin, il y a un petit garçon tombé de son vélo, et qui accepte que Bob vienne s’installer sur son genou. Enfin, le petit bobo se fait un copain et trouve un peu de réconfort ! Mais à mesure que le temps passe, Bob rétrécit jusqu’à ce qu’il soit bientôt temps pour lui de repartir.

Si vous aussi vous avez un·e petit·e casse-cou à la maison, ce livre sera parfait pour parler bobo, aider à comprendre que petit à petit il va guérir et diminuer jusqu’à disparaître. Il n’y a pas un jour sans que ma fille aînée ne rentre à la maison avec un nouveau bleu ou autre bobo, alors nous avons beaucoup aimé découvrir cet album le week-end dernier (même si elle a décrété qu’elle ne voulait pas appeler son bobo Bob).

Voici un album petit format parfait pour dédramatiser les petits bobos, grâce à un Bob tout mignon qui fera adorer les pansements aux enfants !

Une si belle journée ! – Richard Jackson & Suzy Lee

Editeur : Kaléidoscope

Parution : 16 mars 2022

Genre : Album jeunesse

Avis : Avec sa jolie couverture de saison (oui je sais, on est en été, mais vu la pluie qui est encore tombée par ici aujourd’hui je me pose la question !), j’ai eu envie de vous parler de ce bel album ce soir.

Le livre s’ouvre sur un salon où s’ennuient trois enfants. Derrière eux, derrière les fenêtres, on aperçoit un ciel menaçant et de grosses gouttes s’écraser dans l’herbe. Mais hors de question de rester là à se morfondre ! Au son de la musique, les jeux s’enchaînent, les moues maussades s’effacent et bientôt les enfants ouvrent la porte, courent et sautent dans les flaques. Et puis le soleil revient, les rires explosent, les enfants espiègles grimpent partout et profitent, tout simplement. Qui aurait pu croire quelques heures plus tôt que ça serait une si belle journée ?

Cet album est une petite merveille, presque poétique ! Peu de texte, mais des illustrations dynamiques, tout en mouvements, qui soulignent parfaitement ce qui se passe sous nos yeux : d’abord noires et blanches comme l’état d’esprit des enfants, elles accueillent peu à peu plusieurs couleurs alors que bonne humeur et joie de vivre reviennent. C’est tellement communicatif, que ça donne aussi envie au lecteur de sauter dans les flaques et courir dans l’herbe !

Voici un album qui fait beaucoup de bien ! Après tout, même un jour de pluie, à nous de mettre de la joie et des couleurs dans notre quotidien. Un peu de musique, de danse, une dose de rire et de jeux, et le tour est joué !

Merci aux éditions Kaléidoscope pour la confiance et l’envoi !

Les petites leçons de choses de mon jardin – Adeline Ruel

Editeur : Flammarion Jeunesse

Collection : Père Castor

Parution : 27 avril 2022

Genre : Documentaire jeunesse

Avis : Depuis qu’on a découvert le travail d’Adeline Ruel à la maison – il y a deux ans avec deux petits livres cartonnés consacrés aux oiseaux et insectes du jardin -, je suis toujours ravie de découvrir un nouvel ouvrage d’elle. Parfaits à l’époque pour Manon, qui du haut de ses 17 mois découvrait le jardin et ses habitants en plein confinement, il lui fallait aujourd’hui autre chose à se mettre sous la dent !

Avec beaucoup de plaisir, nous avons tourné les pages des « Petites leçons de choses de mon jardin ». Sur chaque double page on retrouve un animal, un insecte vivant dans nos jardins : au total, il y en a 12 de présentés. On commence par une remise en contexte avec un petit mot de jardinier, comme une introduction à ce qui va suivre.
J’aime la douceur et la précision des illustrations qui accompagnent les informations. Cycle de vie, anatomie, étymologie, régime alimentaire, l’ouvrage est riche en enseignements (et je n’ai pas honte de dire que j’ai appris des choses également !).
Conseillé dès 6 ans, il peut tout de même être apprécié plus jeune. L’enfant retiendra une partie et vous posera sûrement d’autres questions !

Depuis qu’on a croisé une troupe de gendarmes en revenant de l’école il y a quelques semaines, ma fille est fascinée par leur dos (voir dernière photo). Elle était donc ravie de les retrouver dans ce livre. D’ailleurs, en le découvrant avec elle, je dois bien avouer que je suis une fois de plus émerveillée par la beauté et l’ingéniosité de la nature.

Je vous laisse d’ailleurs avec les mots qui closent parfaitement l’ouvrage :
« […] la beauté de notre monde est fragile, il faut la protéger. »

Un livre que je recommande aux amoureux de la nature, aux curieux des jardins et animaux, et aux aventuriers en bottes en caoutchouc 🥰

De la même autrice :

Je ne suis pas une pieuve – Eoin McLaughlin & Marc Boutavant

Editeur : Nathan

Parution : 27 janvier 2022

Genre : Album Jeunesse

Avis : Sacha est quelqu’un de tout à fait ordinaire, c’est juste qu’il a plus de bras que la normale. Et qu’il adore le thon. C’est impossible qu’il soit une pieuvre hein, sinon il serait sous l’eau avec sa famille, pas sur terre ! A moins que … Et si le problème de Sacha, c’était qu’il a peur de l’eau ? Aller, hop, on va lui apprendre à nager. Quelques longueurs plus tard, Sacha sait nager et assume enfin son statut de pieuvre. Maintenant, plus rien ne l’empêche de retrouver ses parents et jouer avec ses amis !

Du même duo, j’avais déjà découvert L’affaire des cookies disparus que j’avais beaucoup aimé : j’étais donc très curieuse de découvrir l’histoire de Sacha. J’ai retrouvé ici les illustrations douces et rondes, enfantines et adorables de Marc Boutavant, un régal pour les yeux ! Et puis, l’humour omniprésent nous offre un moment de lecture savoureux. Promis, vos enfants vont vous en redemander !

Ici le petit lecteur est interpellé directement, quoi de mieux pour se rêver copain avec une pieuvre le temps d’une histoire ? Comme quoi, avec un peu d’aide bienveillante, et une dose de confiance en soi, on peut arriver à s’accepter et surtout à dépasser ces peurs qui nous empêchent de vivre.

Personnage attachant et humour sont au rendez-vous dans cet album parfait pour aider à affronter sa peur de l’eau.

Merci aux éditions Nathan pour la confiance et l’envoi !

Mon enfant chéri – Nina Laden & Melissa Castrillon

Editeur : Kimane

Parution : 18 février 2022

Genre : Album jeunesse

Avis : Regardez-moi cette merveilleuse couverture ! Quand on a reçu ce titre à la librairie, c’est d’abord pour cette raison que je me suis arrêtée dessus : j’ai déjà eu la chance de découvrir des albums de Melissa Castrillon et un de Nina Laden, à chaque fois ça a été une merveilleuse découverte. Dans un premier temps, j’ai cru qu’on allait parler de la relation mère-enfant, et puis j’ai ouvert le livre …

L’album s’ouvre comme une lettre qu’on lirait, directement adressée à « Mon enfant chéri », ce petit qui n’en est qu’au début de sa vie. Page après page, le destinateur lui souhaite de profiter de chaque petit plaisir de la vie, de chaque petit cadeau que lui offre la nature et de l’admirer sans fin – du souffle du vent à l’envol d’un oiseau -, de prendre soin de ses habitants et de rester attentif à ce qui l’entoure. Enfin, la signature révèle l’identité de la mère qui rédige ces lignes, qui n’est autre que Mère Nature.

Symbole d’innocence et d’espoir, cet enfant reçoit un message écologiste fort, plein de confiance et d’optimisme de la part de cette Nature prête à offrir ce qu’elle a de plus cher, espérant juste en retour le respect et l’amour qu’elle mérite.

Terriblement poétique, le texte de Nina Laden est merveilleusement mis en valeur par les sublimes illustrations de Melissa Castrillon. Chaque double page fourmille de détails, nous donnant à voir cette nature si riche qui nous environne et qu’on oublie parfois de regarder. C’est un plaisir de déambuler à travers les pages avec cet enfant confiant, épanoui, on a l’impression de sentir le souffle du vent caresser notre peau, le chatouillis de l’herbe sous nos pieds nus, d’entendre le cri des oiseaux qui jouent dans les airs ou de sentir le parfum d’une fleur. Des illustrations envoûtantes, vraiment !

Gros coup de cœur pour ce merveilleux album écologiste qui nous rappelle d’apprécier les choses simples et belles que nous offre la nature, et surtout d’en prendre soin. A découvrir absolument !

De Nina Laden & Melissa Castrillon :

Les enfants sont rois – Delphine de Vigan

Editeur : Gallimard

Parution : 4 mars 2021

Genre : Littérature

Résumé : « La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité. “ On dirait une enfant ”, pensa la première, “elle ressemble à une poupée”, songea la seconde.
Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. »

À travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial.

Avis : Voici encore un roman qui me faisait trèèèès envie de par son sujet (la preuve en est qu’il a vite rejoint ma PAL au moment de sa sortie) tout en m’effrayant : je l’ai tellement vu passer sur les réseaux sociaux à une époque que ça a eu un effet répulsif sur moi et que j’ai préféré attendre que l’engouement redescende. Au final, c’est grâce aux stories de Manon de @labibliothequedeGaspard sur Instagram que j’ai décidé de le découvrir enfin. Bon, je l’ai fini début février, et on est mi-juin, touuuut va bien !

Mélanie et Clara ont grandi avec Loft Story, la première en famille, la seconde en secret. Quand cette dernière entre dans la Police, la première rêve de gloire et de paillettes. C’est grâce à ses deux enfants que le succès va faire son entrée dans sa vie, à coup de réseaux sociaux, vidéos et autres stories. Vous vous demandez le lien entre Mélanie et Clara ? C’est malheureusement lorsqu’un drame fera irruption dans la vie de la successful mom que leurs chemins vont se croiser.

A travers la disparition d’une petite fille, star des réseaux, dont chaque détail de la vie est mis en ligne, Delphine de Vigan nous parle d’un sujet terriblement d’actualité : les dangers des réseaux, la malveillance que l’on peut trouver en ligne, l’aveuglement des parents. Mais tout ça nous fait également réfléchir sur l’enfance v(i)olée de ces enfants, à qui on ne demande pas leur avis, et qui souvent trouvent ça génial d’être connus et reconnus dans la rue alors même que leurs conditions de travail ne sont pas protégées. Ce roman fait froid dans le dos, parce qu’on sait que ça existe et parce que les dérives ne sont jamais bien loin.

Evidemment, j’ai détesté Mélanie qui ne voit qu’une manière d’oublier sa vie d’avant, ses complexes, d’atteindre sa vie rêvée, aveuglée par le succès au détriment de ses enfants. Probablement que ce roman n’a pas plu à tout le monde, et qu’il n’est pas une raison de mettre tout le monde dans le même sac, n’empêche qu’il est nécessaire de rester vigilant – par exemple je montre peu de choses persos sur les réseaux, mais finalement c’est déjà beaucoup, et pas forcément pour les meilleures réseaux (on ne va pas se mentir, quand je parle de mes filles, c’est parce que je suis fière, et rien que dire leurs prénoms c’est déjà beaucoup). Delphine de Vigan creuse la psychologie de ses personnages, et c’est une des choses que j’ai le plus aimé ici.

Bien que romancé et fictionnel, avec une enquête policière (mais sans être un vrai polar), ce roman aurait très bien pu être un témoignage ou un fais divers, et c’est sûrement pour ça qu’il m’a autant fait froid dans le dos tant tout est réaliste. En revanche je m’attendais à quelque chose de plus surprenant pour la révélation finale, même si en réalité on focalise tant sur le message, sur ce que l’autrice dénonce, que cela ne m’a pas trop dérangée.

Premier roman que je découvrais de l’autrice mais sûrement pas le dernier, Les enfants sont rois est un roman qui se lit à toute vitesse dans un mélange de fascination et d’effroi. A lire pour prendre conscience des dérives des réseaux.