The rain, tome 1 – Virginia Bergin

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Éditeur : Bayard

Parution : 20 septembre 2017

Genre : Young Adult

Traductrice : Sidonie Van den Dries

Titre original : The rain

 

Résumé : Une pluie mortelle s’abat sur la Terre : l’humanité est menacée de disparition.
Ruby, 15 ans, part à la recherche de son père.

 

Avis : J’ai ce roman dans ma PAL depuis pas mal de temps, mais il aura fallu la sortie du second tome pour qu’enfin je me lance. Si je regrette de ne pas avoir découvert ce roman plus tôt, je suis ravie de ne pas avoir à attendre pour lire la suite ! A noter qu’à priori il n’y a pas de rapport avec la nouvelle série Netflix (mais que je serais bien curieuse de découvrir quand même !).

Ruby a 15 ans, et les soucis d’une ado de son âge. Comment embrasser le garçon qui lui plaît. Un beau-père qu’elle n’apprécie pas. Les fêtes entre amis. D’ailleurs, l’une d’elles tourne court quand les parents de son ami reviennent soudainement, angoissés : un étrange phénomène semble se produire, un phénomène lié à la pluie. Mais le temps que les gens mesurent l’ampleur de la catastrophe, réalisent que la pluie est devenue mortelle et non pas seulement nocive, les victimes se multiplient. Ruby, rentrée à temps chez elle, doit organiser sa survie.

Autant le dire tout de suite : j’ai passé un excellent moment avec The Rain. Au fur et à mesure que la menace se précise, le rythme devient de plus en plus effréné. Ruby va-t-elle arriver chez elle ? Ses parents auront-ils été épargnés ? Combien de temps va-t-elle tenir ? Et puis, on a envie d’en savoir plus, sur les survivants, sur ce phénomène mortel, sur la façon dont elle va gérer cette crise.

Au-delà du côté apocalyptique qui forcément révèle le meilleur comme le pire chez les gens (les pilleurs, ceux qui préfèrent tuer plutôt qu’aider), on réalise aussi une chose simple : l’importance de l’eau, cette ressource si précieuse qu’on trouve dans chaque supermarché ou en tournant simplement le robinet de la cuisine. Ici, plus question de recueillir de l’eau de pluie ou du robinet si l’on veut rester en vie. Et il faut bien se rendre à l’évidence, l’eau en bouteille ne sera pas inépuisable, surtout quand certains ont déjà pillé ce qu’ils pouvaient. J’avoue que je suis très curieuse de voir ce que le tome 2 réserve, surtout avec cette fin !

Du point de vue des personnages, comme je disais plus haut, ce type de catastrophe permet de révéler les caractères. Les lâches, les courageux, les égoïstes. Je dois dire que Ruby m’a bien souvent agacée, égoïste, superficielle, elle me fatiguait à sans cesse vouloir revoir Caspar ou récupérer son téléphone, et alors je ne vous parle pas de ses séances shopping ou maquillage. Bon, après chacun fait comme il veut dans de telles circonstances me direz-vous ! Au-delà de ça, j’ai bien aimé sa façon de nous raconter les événements, à la manière d’un journal intime, où l’on sent poindre l’émotion par moments. Par contre, j’ai bien aimé le duo qu’elle forme avec Darius, plutôt atypique mais qui fonctionne. Au moins, il est un peu plus censé, même si elle ne l’écoute pas souvent !

Au final, un super premier tome, captivant, angoissant, qui donne juste envie de se précipiter sur la suite … et faire le plein de bouteilles d’eau si comme moi vous vivez dans le Nord et craignez subitement qu’une pluie mortelle ne s’abatte sur le pays ! 😮

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Hazel Wood – Melissa Albert

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Éditeur : Milan

Parution : 25 avril 2018

Genre : Young Adult

Traductrice : Maud Ortalda

Titre original : Good wives and warriors

 

Résumé : « Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »
Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.

Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althéa Proserpine, auteur des célèbres « Contes de l’Hinterland ».
Hazel Wood, dont vient d’hériter Alice.
Hazel Wood, où Alice doit s’aventurer pour espérer sauver sa mère.
Hazel Wood, cette demeure d’où semblent s’échapper des personnages inventés par Althéa.
Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ? Un leurre ? Une porte d’entrée sur l’Hinterland ?
Et si Alice était bien plus qu’une simple New-Yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.

 

Avis : Alors, je sais que je vais passer pour une fille superficielle, mais je voudrais qu’on prenne 5 minutes pour s’arrêter sur cette magnifique couverture ! Le travail des dessins, le foisonnement de l’illustration, c’est tout simplement sublime, et très représentatif de ce que l’on va trouver à l’intérieur ! De plus, quelques temps avant la sortie, avec les autres blogueurs partenaires Page Turners, on a reçu d’étranges courriers, des extraits de conte, une table des matières, un message mystérieux, ou encore un bout d’os, une plume, un peigne cassé … Autant dire que les éditions Milan savent mettre le paquet pour attiser la curiosité, et que ce roman n’a pas fait long feu dans ma PAL !

D’aussi loin  qu’elle se souvienne, Alice a toujours vécu (ou presque) sur la route, avec sa mère. Elles ne restaient jamais très longtemps au même endroit, sans qu’Alice ne sache vraiment pourquoi. Quand la grand-mère de cette dernière, la célèbre romancière Althea Proserpine décède, la mère d’Alice semble enfin prête à souffler … jusqu’à ce qu’elle disparaisse, enlevée par on ne sait qui. Derrière elle, elle laisse juste un mot pour sa fille, lui déconseillant de ne jamais s’approcher d’Hazel Wood, endroit mystérieux où vivait Althea. Mais Alice est bien décidée à découvrir où est sa mère, et pourquoi pas, au passage, découvrir qui elle est elle-même !

J’ai adoré découvrir ce roman, l’univers créé par l’auteur, qui se dévoile petit à petit. D’abord par de petites touches, d’étranges personnages qui prennent forme dans notre monde. D’étranges phénomènes qui se produisent. Si on peut trouver cette partie un peu lente, personnellement ça ne m’a pas du tout dérangé, au contraire, ça permet de bien planter les choses. Et puis, enfin, on met les pieds dans le monde de l’Hinterland, un monde riche, foisonnant, sombre, inquiétant, mystérieux, et terriblement captivant ! Pour être honnête, j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce roman, et encore plus avec cette seconde partie où l’auteure nous réserve pas mal de surprises.

Au niveau des personnages, j’ai eu parfois un peu de mal avec Alice. Au final, l’auteure a peut-être voulu souligner le fait que ce n’est qu’une ado, marquée par le fait d’avoir grandi sans réelle attache. Mais j’ai surtout souvent eu l’impression d’avoir affaire à une gamine égoïste. Heureusement, elle n’est pas toujours comme ça, on finit par en savoir plus sur son histoire, et surtout, j’ai bien aimé son duo avec Finch.

Autre point que j’ai adoré, c’est les contes de l’Hinterland qui nous sont donnés à lire au fil de l’histoire. Mon seul regret : qu’on ne les ait pas tous ! J’espère qu’un jour ils sortiront dans un joli petit recueil, ça pourrait être chouette 🙂

Au final, un roman captivant, fascinant, addictif, un univers sombre et original. A découvrir !

 

Un grand merci aux éditions Milan pour la confiance et la découverte !

 

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Les quatre gars – Claire Renaud

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Éditeur : Sarbacane

Collection : Exprim’

Parution : 3 Janvier 2018

Genre : Roman Young Adult

 

Résumé : On est quatre. Tout le monde nous surnomme « la famille Dégâts » vu qu’on est que des gars…

Il y a mon papi, mon père, mon frère Yves et moi, 9 ans, Louis. On vit à Noirmoutier – on récolte du sel. La mer nous nourrit, nous apaise, nous éblouit.

Chez nous, ça ne parle pas, ça rit peu. Il faut dire que les femmes sont parties : depuis, papa vit comme un ours, papi parle au fantôme de mamie et Yves est acco à la drague et à la muscu.

Et moi ?
Ben, moi, j’aimerais croire que cette vie, on peut faire mieux que « presque » la vivre.

 

Avis : Dans la famille Dégâts, je demande le grand-père ! Maître dans sa cuisine, attachant, complice avec ses petits-fils, il se laisse guider par sa chère Raymonde, du haut de ses nuages. Puis il y a le père, alors lui … bourru, fermé, muet, depuis le départ de sa femme il n’est plus que l’ombre de lui-même, quitte à négliger ses deux fils et à garder ses sentiments bien en cage. Tiens, l’aîné, d’ailleurs, qui ne pense qu’aux filles et à la muscu, jusqu’à rencontrer quelqu’un qui va le pousser à s’intéresser à un monde dont il ignorait jusque là l’existence : le théâtre. Et enfin, le petit Louis, notre narrateur, qui nous parle de cette famille, de son quotidien, avec ses yeux-pas-si-naïfs d’enfant de 9 ans, des yeux pétillants, rêveurs, plein d’espoir, et d’espièglerie !

Je dois dire que je suis tombée sous le charme de cette famille, surtout de Louis et de son grand-père. Leur complicité, leurs manigances pour redonner le sourire au père. Cet homme meurtri, ce père en sommeil, que j’avais parfois envie de secouer tout en le comprenant un peu quand même. Louis et Yves aussi, différents, chamailleurs, mais toujours prêts à faire des bêtises ensemble. Une famille parfois bancale, pas comme les autres, mais tellement touchante.

Et puis l’écriture de Claire Renaud est fluide, agréable, elle nous emporte à la suite de ses personnages à l’assaut de Noirmoutier : on s’y croirait. Un roman qui donne envie de voir la mer, de sourire, de profiter de ces instants suspendus. Une histoire d’amitié, de famille, d’entraide, d’émotions, d’espoir, de renouveau, mais aussi de ce lien entre les générations, si important, si essentiel dans une famille. A découvrir.

 

Merci aux éditions Sarbacane pour la confiance et la découverte !

La fille dans les bois – Patricia MacDonald

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Éditeur : Albin Michel

Parution : 28 mars 2018

Genre : Thriller

Traductrice : Nicole Hibert

Titre orignal : The girl in the woods

 

Résumé : Cela fait quinze ans que Blair n’est pas retournée dans la ville de son enfance. Depuis que sa meilleure amie, Molly, a été assassinée… Mais l’état de Céleste, sa sœur, atteinte d’un cancer, ne lui laisse pas le choix.

« J’ai fait quelque chose de mal » : sur son lit de mort, celle-ci lui révèle que l’homme qui croupit en prison pour le meurtre de Molly est innocent. Pour preuve, elle était avec lui le soir du crime. Mais comment avouer à leur père, un raciste haineux, qu’elle avait une relation avec un afro-américain ?

Blair lui promet de le faire libérer et, pour cela, de trouver les preuves dont la police a besoin. Elle se lance alors dans une enquête douloureuse pour comprendre ce qui s’est vraiment passé cette nuit-là, lorsque le corps de la petite Molly a été retrouvé dans les bois, non loin de sa maison…
Blair est-elle prête à affronter l’atroce vérité ? Le passé est-il révolu ?

 

Avis : On se retrouve aujourd’hui avec mon avis sur le dernier roman de Patricia Macdonald, une auteure que, comme vous le savez maintenant, j’aime beaucoup ! J’étais donc impatiente de voir ce qu’elle nous réservait cette fois-ci.

Depuis la mort de leur mère, Blair et sa sœur Céleste ont été élevées par leur oncle (et non leur père comme le dit la 4ème de couverture !), un homme acariâtre, raciste, à tendance nazie et porté sur la boisson. Un soir, il met la meilleure amie de sa nièce, Molly, dehors, malgré la pluie qui tombe. Quelques heures plus tard, la jeune fille est retrouvée assassinée dans les bois. Des années après, on retrouve Blair, venue accompagner sa sœur pour ses derniers instants. Sur son lit de mort, elle avoue avoir menti ce soir-là. Depuis, un homme qu’elle sait innocent croupi en prison. Blair promet qu’elle va tout faire pour que justice soit enfin rendue. Mais innocenter un homme revient à reconnaître que le véritable assassin court toujours. Et quand la police refuse de s’intéresser à ce qu’elle a à dire, la jeune femme décide de se débrouiller seule, quitte à poser des questions qui fâchent ….

Le roman commence par un prologue, où l’on découvre les derniers instants de la jeune Molly. Pas un mot sur ce qui lui est arrivé, ni par qui – éléments que l’on découvrira plus tard. Dès ces premiers pages, la tension est présente, puisqu’on sait que quand la jeune fille passera la porte, personne (excepté son meurtrier) ne la reverra vivante. Des années plus tard, Blair n’a rien oublié, et est bien décidé à faire bouger les choses. Mais ses tentatives s’avèrent plus compliquées que prévues. Elle fini par engager un détective privé, flic à l’époque de l’affaire. Mais Blair est également quelqu’un de têtu, qui n’hésite pas à se mettre en danger quand elle sent qu’elle est sur une piste.

Je n’ai pas deviné l’identité de l’assassin bien longtemps avant elle, il faut dire que le récit est bien mené et le suspens maintenu. Dès le début, on soupçonne un peu tout le monde et personne, avant que l’étau ne se ressert et que le doute ne soit plus permis. Et quand la vérité se fait jour, petit à petit, je vous avoue que c’est plutôt glaçant, et loin d’être fini…

Si vous vous plongez dans ce roman, attendez-vous à ce que les pages défilent à toute vitesse. L’écriture de Patricia Macdonald est fluide, agréable. Et au final, si certaines choses restent prévisibles, le tout est captivant, intriguant.

 

Un grand merci aux éditions Albin Michel pour la confiance et la découverte !

 

Autres romans de l’auteure chroniqués sur le blog :

 

Imbattable, tome 1 : Justice et légumes frais – Pascal Jousselin

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Éditeur : Dupuis

Parution : 7 avril 2017

Genre : Bande dessinée, jeunesse, super-héros

 

Résumé : Tremblez, malfrats, voici Imbattable ! Ce nouveau protagoniste porte secours à la veuve et à l’orphelin comme tout héros qui se respecte, mais il sauve aussi les chiens, les chats des grands-mères, les terrains de pétanque, le fils du maire, et la ville tout entière. Masqué, comme tout justicier, capé, comme tout justicier, il mène la vie dure aux savants fous et aux mauvais plaisantins, sans jamais oublier de ramener le pain. Non seulement Imbattable est imbattable, mais son super-pouvoir fait de lui le seul véritable super-héros de bande dessinée !

 

Avis : Ah, voilà une bande dessinée aussi originale que géniale ! Commencée par curiosité, je me suis laissée prendre au jeu et j’ai adoré ma rencontre avec Imbattable.

Je parlais juste au-dessus d’originalité, et c’est bien ce qui m’a séduite dans cette BD, où notre super-héros joue avec les cases. Et oui, voler, être invisible, ou que sais-je encore, c’est has been ! Imbattable lui, passe d’une case à l’autre (à celle d’en-dessous par exemple), d’un moment M à un autre, pour résoudre les problèmes de ses concitoyens, ou arrêter les méchants qui menacent leur sécurité. Je ne suis pas une experte en BD mais c’est la première fois que je voyais ça, et j’ai trouvé ça excellent (le temps de bien capter, quoi 😛 ). Certains passages sont vraiment très drôles de ce fait.

Mais Imbattable n’est pas le seul personnages intriguant, on a aussi son nouveau stagiaire (après tout, pourquoi pas un stage de super-héros, hein ?!) doté d’un pouvoir particulier, ou un super-méchant qui passe à travers les murs. Imbattable parviendra-t-il à l’arrêter et garder sa réputation ? Suspens !

Je ne vous en dit pas plus, à vous de découvrir ces petites histoires, l’intérêt résidant surtout dans cette étrange capacité qu’a notre héros, et qui rend la lecture surprenante, dynamique. En tout cas, une belle découverte pour ma part : heureusement le tome 2 m’attend déjà sagement 🙂 A partir de 9 ans.

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Et plus si affinités – Sara Barnard

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Éditeur : Casterman

Parution : 24 janvier 2018

Genre : Young Adult

Traduction : Cécile Leclère

Titre original : A quiet kinf of thunder

 

Résumé : Steffi ne parle plus. Rhys n’entend pas. Mais ils se comprennent parfaitement.

 

Avis : Steffi a longtemps souffert de ce qu’on appelle un mutisme sélectif. Maintenant, eh bien, disons que c’est « juste » une extrême timidité doublée d’une anxiété. D’ailleurs, à la fin des vacances, elle débute un nouveau traitement, qui pourrait peut-être un peu l’aider. Le jour de la rentrée, on lui présente un nouvel élève, Rhys, qui est sourd. Puisqu’elle ne parle quasiment pas, Steffi a appris il y a longtemps quelques rudiments de la langue des signes. Cool, non … ? Après tout, au moins, cela lui permet d’avoir quelqu’un avec qui échanger, quelqu’un qui ne la connaît pas encore, n’a pas d’à priori, ne se moque pas. Quelqu’un qui pourrait bien devenir un ami.

Steffi et Rhys m’ont fait entrer dans un monde que je ne connais pas vraiment, celui des personnes souffrant de surdité et leur quotidien. Quand le proviseur apprend à Steffi que Rhys lit sur les lèvres, on se dit que ça ira pour lui le lycée. Mais rappelez-vous ce prof qui continue de parler en écrivant au tableau. Ou tout simplement en n’était pas directement orienté vers vous. Et ces moments du quotidien où l’on ne voit pas un danger, et où quelqu’un aura beau crier pour nous avertir, on n’entendra rien. Ou bien si l’on se blesse à la main, et qu’on se retrouve alors dans l’incapacité de signer. Rhys est un personnage qui m’a beaucoup touchée, émue. Il est fort, optimiste, joyeux, et pourtant, il souffre de ne pouvoir être cet homme infaillible (mais qui l’est ?) qui prendrait soin de celle qu’il aime, qui serait invincible, qui pourrait toujours la protéger. Il est humain, il a des doutes, des peurs. Tout comme Steffi, qui a du mal à parler à des inconnus, qui peut se retrouver en proie à une crise d’angoisse au pire moment. Pourtant, ce que ces deux-là nous montrent, c’est que malgré leurs handicaps, ils sont plus forts à deux, ils se dépassent, s’épaulent. Que ce n’est pas une faiblesse d’être différent, loin de là.

Parmi les personnes qui gravitent autour de Steffi et Rhys, il y a leurs parents. Ce sont surtout ceux de Steffi qui m’ont interpellée, par leurs peurs, leur côté protecteur. Si sa mère surtout m’a parfois fait de la peine, dans son envie que sa fille n’aille pas à la fac, ou sa peur que sa relation avec Rhys ne réduise son univers, ne l’empêche de faire des efforts, d’essayer de se dépasser, au final, ce n’est que la peur d’une mère face aux difficultés de sa fille, pas totalement fermée pour autant.

Schéma que j’ai retrouvé ici, après ma lecture de « Trois de tes secrets » de Julie Buxbaum, on est au début d’une nouvelle année scolaire, et Steffi est séparée de sa meilleure amie, partie suivre un cursus plus orienté sport. Obnubilée par les preuves et efforts qu’elle doit fournir, par cette relation qui ne noue petit à petit avec Rhys, Steffi laisse passer certains signes, jusqu’au jour où Tem – September – a vraiment besoin d’elle, se retrouve seule et explose, rappelant l’importance de ne pas oublier une amie pour un petit ami … ah l’adolescence ! Pas toujours facile de jongler entre tout le monde !

D’ailleurs, du point de vue des personnages, j’ai beaucoup aimé Tem, sa relation avec Steffi, sa façon d’être présente pour elle. On voit venir à des kilomètres le fait que tout ne va pas bien entre elle et Karam et on sait qu’une mise au point va être nécessaire entre les deux amies, mais c’est ça aussi la beauté de ces amitiés profondes et sincères : savoir que tout finira par s’arranger. Rhys et Steffi m’ont également beaucoup touchée comme je disais, du fait des obstacles qu’ils ont à surmonter – car si Rhys ne peut rien faire contre sa surdité, ce n’est pas forcément simple pour Steffi non plus puisqu’elle ne contrôle pas vraiment son anxiété. J’ai aimé la force qu’ils dégagent ensemble, cette magie du premier amour qui donne des ailes, tout en gardant en tête que peut-être, ça ne sera justement que le premier.

Au final, j’ai passé un très bon moment de lecture (malgré quelques coquilles) avec ce roman original, mettant en avant des personnages aux caractéristiques particulières, qu’on voit peu encore en littérature (en tout cas j’en ai peu lu). Une belle manière de sensibiliser à toutes ces choses dont on ne se rend pas compte quand on ne souffre pas de surdité, de mutisme – ou qu’on a personne dans notre entourage qui en souffre, en nous parlant de respect, d’ouverture, de différence, de handicap, d’acceptation de soi, de notre société parfois inadaptée. Une jolie surprise.

 

 

Un grand merci aux éditions Casterman pour la confiance et la découverte de cette petite pépite.

Trois de tes secrets – Julie Buxbaum

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Éditeur : Pocket Jeunesse

Parution : 18 janvier 2018

Genre : Young Adult

Traduction : Maud Desurvire

Titre original : Tell me three things

 

Résumé : Nouvelle dans un lycée huppé de Los Angeles, Jessie ne se sent pas à sa place. Alors qu’elle songe à rentrer à Chicago, elle reçoit un mail providentiel et… anonyme : un expéditeur inconnu lui prodigue de précieux conseils pour s’intégrer et éviter les pièges de Wood Valley. Jessie ignore tout de son ange gardien mais décide de lui faire confiance. Pour faire tomber le masque, elle l’incite toutefois à lui révéler trois de ses secrets…

 

Avis  : Depuis que sa mère est brusquement décédée d’un cancer, Jessie a l’impression de ne plus contrôler sa vie. Son père s’est remarié sans même lui en parler, et en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, elle avait quitté Chicago pour vivre avec sa « nouvelle famille » à Los Angeles. Et si ce n’est jamais simple d’être la petite nouvelle dans un nouveau lycée, c’est encore pire quand on se sent en décalage avec ses camarades. Car Jessie n’a rien à voir avec ce lycée huppé, et voudrait juste retrouver Scar, sa meilleure amie, son inséparable. Pourtant, un jour, elle reçoit un mail d’un mystérieux inconnu, apparemment prêt à l’aider à s’intégrer. Blague ? Mail sincère ? Alors qu’une véritable amitié se tisse entre eux, Jessie aimerait bien savoir qui se cache derrière ce pseudonyme …

J’a beaucoup aimé découvrir l’histoire de Jessie, obligée de s’adapter à un nouvel environnement, ainsi qu’à une nouvelle situation. Si ce n’est déjà pas simple d’accepter l’idée que sa mère n’est plus, c’est encore plus dur de se dire que son père s’est remarié, sans même en parler. Et la voilà obligée de vivre sous le même toit que cette nouvelle femme, avec un demi-frère qui a tout autant de mal à accepter cette nouvelle situation. Ajoutez à cela un nouveau lycée, des élèves pas toujours sympas et n’hésitant pas à donner dans le harcèlement, et vous aurez une idée du nouveau quotidien de Jessie. Alors, quand Jessie reçoit ce mystérieux mail, c’est un peu comme une bouffée d’air frais quand on commence à suffoquer. Petit à petit, en se confiant, ou en écoutant les conseils de Pep, le quotidien est un peu moins dur, un peu plus supportable.

Forcément, tout comme elle, on a envie de savoir qui se cache derrière ce mystérieux Pep, on a envie que ce soit telle personne, ou bien une autre … Mais patience, le mystère va durer un petit moment. Je dois dire que je n’ai pas du tout été surprise par son identité, je l’ai vite vu venir, et même si c’est toujours agréable d’avoir une révélation surprenante, je n’aurais pas aimé que ce soit quelqu’un d’autre, alors l’un dans l’autre, je ne me plains pas 😛 C’est tellement dur d’être noyé dans un océan d’inconnus, où les groupes sont formés depuis toujours, trouver sa place quand on se sent différent. Une chose est sûre, Jessie a eu de la chance de recevoir ce mail et de trouver un allié – qui lui aussi porte quelques souffrances.

Enfin, il y a aussi Scar, cette meilleure amie, presque une sœur pour Jessie, laissée à Chicago. Obnubilée par sa nouvelle situation et les difficultés qu’elle comporte, Jessie ne pense pas à une chose : alors qu’elles étaient inséparables depuis toujours, Scar s’est retrouvée seule, elle aussi. Certes, dans un environnement familier, mais seule. Et elle aussi, a dû apprendre à se faire de nouveaux amis, prendre de nouvelles marques, quand tout lui rappelait Jessie. Mais heureusement, les deux amies auront l’occasion de discuter afin d’aplanir un peu les choses. Car ce n’est pas parce qu’un nouveau chapitre de sa vie commence, qu’il faut oublier les gens qui ont compté avant, n’est-ce pas ?

Je cherchais avec ce roman une lecture légère, rapide, agréable. C’est ce que j’y ai trouvé, mais pas que. On y aborde tout un lot de thèmes importants, intéressants. La question du deuil, de la place que l’on peut accorder à une nouvelle famille. La relation de Jessie avec son père, compliquée, mais pourtant pleine d’amour. Deux personnes meurtries par la vie, qui avance un peu en boitant, avant de comprendre qu’elles peuvent s’épauler. Le temps de panser les plaies et de s’écouter. Toutes ces choses m’ont beaucoup touchée, et plu, ainsi que l’intégration dans un nouveau lycée, mais aussi la place que l’on accorde à l’amitié, les anciennes, les nouvelles, tout ça sans oublier qui l’on est au passage. Une belle découverte.

Agatha Raisin enquête, tome 8 : Coiffeur pour dames – M.C. Beaton

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Éditeur : Albin Michel

Parution : 2 novembre 2017

Genre : Policier

Traduction : Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham

 

Résumé : Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien  : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent  ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets  ?

 

Avis : Comme toujours, c’est avec beaucoup de plaisir que je retrouve notre chère Agatha Raisin pour une nouvelle aventure. Pour découvrir mes précédentes chroniques, c’est par ici.

Sur les conseils d’une amie, Agatha se rend chez un nouveau coiffeur, Mr John, qui a la réputation d’être un vrai magicien ! Enfin, pas pour tout le monde … Ayant accepté de dîner avec lui, Agatha soupçonne vite quelque chose de louche : à l’évocation de son nom, ou même à sa vue, certaines femmes semblent prendre peur, ou lui en vouloir … Étrange, non ? Il n’en faut pas plus pour que les rouages du cerveau de notre chère Agatha se mettent en marche. Convaincus d’avoir affaire à un maître chanteur, cette dernière et Charles décident de mener l’enquête. Mais lorsqu’un premier cadavre surgit, les choses deviennent soudainement plus concrètes !

Comme toujours, Agatha a le chic pour se trouver au bon moment, au bon endroit, dès lors qu’il s’agit de trouver une nouvelle affaire et sortir de son ennui ! D’ailleurs, cette fois elle commence même l’enquête avant le meurtre, et est plutôt bien inspirée. Une nouvelle fois, je me suis beaucoup amusée à suivre ses avancées et à soupçonner tout le monde, mais aussi la voir partir dans un sens puis dans l’autre dans sa vie privée. Je regrette juste le duo qu’elle formait avec James, ils me font vraiment beaucoup rire ensemble … mais Charles ne se débrouille pas trop mal, et sa petite scène final promet encore quelques moments de tension !

Au final, même si ce n’est pas le tome que j’ai préféré de la saga, on passe un bon moment, c’est drôle, et l’enquête est prenante ! Vivement la prochaine enquête !

 

Un grand merci aux éditions Albin Michel pour la confiance et la découverte !

 

Dans la même série :

Jamais plus – Colleen Hoover

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Éditeur : Hugo Roman

Collection : New Romance

Parution :

Genre : Romance

Traduction : Pauline Vidal

Titre original : It ends with us

 

Résumé : Lily Blossom Bloom n’a pas eu une enfance très facile, entre un père violent et une mère qu’elle trouve soumise, mais elle a su s’en sortir dans la vie et est à l’aube de réaliser son grand rêve : ouvrir, à Boston, une boutique de fleurs. Elle vient de rencontrer un neurochirurgien, Ryle, charmant, ambitieux, visiblement aussi attiré par elle qu’elle l’est par lui. Le chemin de Lily vers le bonheur semble tout tracé. Elle hésite pourtant encore un peu : il n’est pas facile pour elle de se lancer dans une histoire sentimentale, avec des parents comme les siens. Choisir cette vie, c’est aussi tirer un trait sur son passé et Atlas, ce jeune homme qui a été son premier amour et qui a profondément marqué son adolescence.

L’avenir semble limpide et simple mais il peut s’obscurcir très vite…

 

Avis : Jusqu’à présent, je n’avais lu qu’un seul roman de Colleen Hoover, Ugly Love (chronique ici !), qui m’avait complètement embarquée. Depuis, je suis sûre que quoi que je lise d’elle, je vais adorer, ce qui fait qu’à chaque nouvelle sortie, ses romans s’entassent dans ma PAL. Et puis, cette semaine, au détour d’une étagère de ma bibliothèque, j’ai enfin sorti Jamais plus, que je n’ai pas lâché avant d’avoir fini.

Dans ce roman, on découvre Lily, une jeune femme de 24 ans, alors qu’elle vient d’enterrer son père, cet homme admiré de tous et pourtant méprisable pour tous ces coups qu’il portait à son épouse. Elle rencontre Ryle sur un toit, sans imaginer un seul instant qu’elle le reverra six mois plus tard, alors qu’elle sera tout juste sur le point de réaliser son rêve et d’ouvrir sa boutique de fleurs. Mais très vite, le conte de fées vire au cauchemar alors qu’un élément lointain de son passé refait surface …

Si je savais que j’allais aime ce roman, j’étais loin de me douter d’à quel point. Je ne pensais pas être touchée à ce point, surprise à ce point par la force de ce que j’allais lire. Je crois que j’ai trouvé tout parfait, du début à la fin. J’ai eu peur de la fin, peur du chemin qu’allait choisir Lily, et pourtant …

Je crois qu’en même temps que Lily, petit à petit, j’ai été séduite par Ryle, et peu à peu, je suis tombée amoureuse de lui. Il est brillant, écorché, sensible, et tellement amoureux d’elle : on ne peut s’empêcher de se dire que le hasard des rencontres fait parfois bien les choses. La seule chose qui m’a fait un peu tiquer au début, c’est que j’ai trouvé qu’il aillait un peu vite, entre le moment où il ne veut pas s’engager, et le moment où il se déclare comme son copain. Et Lily, qu’est-ce que j’ai pu m’attacher à elle ! Ce petit bout de femme énergique, courageuse, tellement humaine. Si forte et si fragile à la fois. Sa peur de reproduire un schéma tristement trop connu. Sa façon de changer sa vision sur ce qu’a pu vivre sa mère, ses interrogations, sur ce qu’elle accepte, peut accepter, sur le jugement qu’on est toujours si prompt à porter sans au final savoir. Ses réflexions sur sa décision à prendre. Ses hésitations si légitimes.

En parallèle, on découvre son adolescence à travers ses journaux de l’époque, sa rencontre, sa relation avec Atlas – qui je dois dire m’a énormément touchée. J’ai adoré ces passages. Je crois que quand il est parti pour Boston, il n’a pas brisé que le cœur de Lily mais aussi le mien (je ne me contente pas de lire des livres moi, je les vis voyez-vous ! 😛 ) et j’aurais tout donné pour qu’il reste, pour qu’elle ne rencontre pas Ryle. Mais dans un sens, tout cela était peut-être nécessaire.

Ce roman est une vraie claque, une tornade d’émotions. J’ai beaucoup apprécié les pensées, les décisions de Lily, mais également le petit mot de l’auteur à la fin qui explique ses choix, son but dans ce roman. Encore une fois, le point fort de Colleen Hoover, c’est ce tourbillon d’émotions qu’elle arrive à nous faire ressentir, cette facilité à se mettre à la place des personnages, de comprendre. Qui n’a jamais dit, ou pensé, en entendant parler d’une femme, d’une amie, battue par son conjoint, qu’elle n’avait « qu’à partir » ? Comme le dit si justement la mère de Lily, il faut savoir où sont nos limites, mais aussi veiller à ne pas sans cesse les repousser… Malheureusement, la question des violences conjugales est encore trop présente, et c’est une des raisons pour laquelle il est essentielle de lire ce roman.

Je n’ai pas encore découvert tous les romans de Colleen Hoover, mais je sais que celui-ci n’a pas fini de me hanter. Si ce n’est pas encore fait, je vous invite grandement à la découvrir (de préférence avec une boîte de Kleenex à côté !).

 

 

Bluestone Castle – Marine Noirfalise

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Éditeur : Gloriana

Collection : Historia

Parution : 1er avril 2018

Genre : Romance historique

 

Résumé : 1917, Comté de Worcestershire,
Alors que la Première Guerre Mondiale secoue l’Europe, la famille Foxbury doit faire face à une terrible nouvelle : le fiancé de Sophia, Henry, a été retrouvé mort au champ de bataille.
Pourtant, la vie ne peut s’arrêter à Bluestone Castle et elle doit suivre son cours : Garden Party’s, dîners somptueux, fêtes d’anniversaire… les domestiques ont du pain sur la planche. Et pourtant, la vie de la famille Foxbury est sur le point de changer : les lourds secrets de ses membres seront bientôt révélés, et cela va bouleverser la vie au château…
Dans ce roman, vibrant hommage à la célèbre série Downton Abbey, le Comte James Foxbury et ses trois filles sont au centre de l’intrigue. Âgées d’une vingtaine d’années, Sophia, Adeline et Lily ont chacune leur tempérament, des idées plein la tête et des secrets qu’il aurait été préférable de taire.

 

Avis : Voici encore un roman que j’étais très curieuse de découvrir !

On suit la vie du Comte James Foxbury, son épouse, ainsi que celle de leurs enfants, trois filles et un fils adoptif. Autant dire qu’il y a de quoi faire ! Entre l’amour secret de Daniel, le secret d’Adeline, une fille aînée endeuillée, et une dernière qui n’hésite pas à prendre des décisions tranchées, le Comte et sa femme ont de quoi faire ! Ces derniers ne sont d’ailleurs pas en reste …

J’ai aimé le fait que l’on suive cette famille, et pas uniquement un ou deux personnages. Si au début j’ai eu mes préférences, au final, je les ai tous trouvé attachants (et puis ils sont tellement différents !). Je n’ai juste pas forcément apprécié le choix que fait Daniel à la fin – comme quoi la colère peut pousser à commettre certains actes – même si vu le peu de pages qu’il me restait à lire je me doutais bien de la fin. D’ailleurs, j’aurais peut-être bien apprécié quelques pages de plus !

A priori ce serait bien dans la veine de Downton Abbey, mais comme je n’ai jamais vu, je ne peux rien dire sur ça ! 😛 Mais comme vous le savez, c’est une époque, une ambiance que j’aime beaucoup, toujours prompte aux petits secrets.

L’écriture de l’auteure est agréable malgré quelques maladresses parfois, le tout se lit vite. On est plongé dans l’histoire, on s’y croirait. Et, ce qui est encore mieux, c’est que Marine Noirfalise nous réserve quelques surprises à la fin du roman, que je n’avais absolument pas vues venir (dont une comme je disais plus tôt que j’ai moins aimé, même si … 😛 ).

En bref, un roman agréable que j’ai apprécié découvrir !

 

Un grand merci aux éditions Gloriana pour la confiance et la découverte !

 

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