Théa pour l’éternité – Florence Hinckel

théa

Éditeur : Soon

Année de parution : 2012

Genre : Jeunesse

Résumé : Théa est secrètement amoureuse de Théo, son meilleur ami d’enfance, qui lui préfère la pom-pom girl du lycée. Théa vit seule avec sa mère, une ancienne présentatrice de télévision obnubilée par le souci de paraître jeune. Théa a l’impression que le temps passe trop vite et que les promesses de l’enfance sont déjà loin. Alors, quand le profession Jones lui propose d’être le plus jeune cobaye d’un programme visant à stopper le vieillissement, Théa décide de saisir cette chance.
Le destin hors normes d’une héroïne qui a franchi la limite interdite. Un roman déroutant d’une évidente actualité.

Avis : Alors, par où commencer ! Tout d’abord, j’ai trouvé l’idée de base assez intéressante, surtout à une époque où tout le monde est dans l’apparence/veut toujours avoir l’air plus jeune. Mais ici, c’est une fille de 16 ans qui pense à tout ça, et qui ne veut pas vieillir (fort influencée par sa mère qui pleure après sa jeunesse perdue et court de liftings en liftings). Le souci, c’est que j’ai eu beaucouuuup de mal avec Théa. Je l’ai trouvée immature, prétentieuse, pas naturelle, j’ai eu du mal dès le début, avec sa façon de voir les choses, d’envisager sa relation avec Théo ou les autres garçons, l’avenir, de parler à Zoé ou se comporter (frapper la copine de Théo alors qu’il n’y a rien entre eux, comme ça, même si bien sûr ça permet de lancer l’histoire). J’ai essayé de me mettre à sa place, d’ailleurs, même si mes 16 ans sont loin 😛 Mais là aussi, preuve pour moi qu’elle n’a pas réfléchi, je me suis dit : « ok, à 16 ans tu peux avoir peur de vieillir/flétrir/mourir mais je ne suis pas sûre non plus qu’à 16 ans on soit au top de notre beauté ; ok, tu as 16 ans, tu es amoureuse de ton ami d’enfance, et quand bien même vous commencez à sortir ensemble mais lui ne prend pas le traitement, et n’a jamais dit qu’il le prendrait un jour, alors quoi ? il continue de vieillir pendant que toi tu as l’air d’avoir 16 ans éternellement ? Ou alors tu rencontres un autre gars plus tard, genre 25 ans, c’est pas dit que lui accepte de sortir avec une fille qui a l’air d’en avoir 16. » Sans parler des enfants, etc.

A part ça, j’ai trouvé l’histoire en elle-même assez originale et intéressante, surtout parce qu’elle permet de se poser des questions, justement. De réfléchir aux conséquences si cela arrivait vraiment, si tout le monde commençait à prendre ce traitement et ne vieillissait plus, ne mourait plus. Quand Théa décide de rendre visite aux 29 autres cobayes – personnes de tout âge, j’ai trouvé intéressant d’avoir la vision d’autres personnes, leurs motivations, parce que je pense qu’on peut tous se retrouver dans certains de ces discours. On a tous des peurs, des angoisses liées au temps qui passe, que ça soit pour nous personnellement, la famille, notre trace dans le monde, des peurs plus terre à terre, etc.

Par contre, j’aurais bien aimé que certaines choses soient plus développées. Ce roman se lit très vite, en quelques heures à peine j’en avais fini avec Théa et son monde. Au final on parle quand même d’expérience, de cobaye, et je trouve qu’on a pas suffisamment d’explications, de détails – même si bien sûr, le livre ne se veut pas scientifique et que le plus important est, je pense, l’histoire autour. Mais voilà, je trouve que certaines choses ont été survolées, sont restées en surface, et qu’il aurait été intéressant de creuser un peu plus. Parce que parfois, on lit des livres où l’auteur crée tout un monde complexe,  utilise des termes techniques ou que sais-je encore, et où on se dit « waouh, il fallait y penser, moi je n’aurais jamais pu », ici tout est simple, accepté sans plus de questions. D’ailleurs ça se remarque aussi quand Théa parle de cette expérience à ses proches, Zoé ou Félix : après les quelques secondes de perplexité, hop, ils la croient, acceptent sa révélation comme argent comptant, et Félix en est tellement sûr qu’il en parle à la presse. Personnellement, j’aurais eu quelques réserves.

Quant à la fin, tout est bien qui finit bien. Je l’ai trouvée facile, simple : Zoé et Mike qui se marient, Théa qui écrit à une fille qu’elle n’a jamais vue, les lettres mystérieuses qu’elle reçoit (de Théo, on imagine) mais dont on ne sait rien (bien, mal, signification ? un mec qui écrit depuis leurs 16 ans quand même !). Bref, j’aurais préféré que la fin en soit vraiment une.

Pour conclure, je trouve ça dommage de ne pas avoir réussi à m’attacher à Théa, parce que c’est quand même le personnage qu’on suit. Ca a sûrement joué sur mon avis (qui n’est pas négatif, mais plutôt mitigé, j’ai quand même apprécié ma lecture), de même que le fait qu’on m’en ait parlé comme d’un livre génial, à lire à tout pris, j’en attendais sûrement trop. Mais toujours est-ce que c’est un livre très intéressant, qui permet de se poser beaucoup de questions, sur notre temps, sur nous, notre vision, les dérives de notre société, etc ; et de plus, il m’a donné envie de découvrir le travail de Florence Hinckel, je trouve que c’est plutôt un bon point pour un livre !

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Une réflexion sur “Théa pour l’éternité – Florence Hinckel

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