Vingt et une heures – Hélène Duffau

vingt-une-heures

Éditeur : L’école des loisirs

Année de parution : 2015

Genre : Jeunesse

Résumé : « Je suis au pain », c’est le mot banal que trouve Pauline sur la table en se levant ce matin-là. Tout dans son corps lui crie que quelque chose ne va pas. D’abord, on ne met pas autant de temps à aller chercher le petit déjeuner. Et puis, il y a Émilien qui ne se lève pas. Et qui, une fois sur la plage, flirte avec le danger. Vingt et une heures, c’est le temps que va mettre la mère de Pauline et d’Émilien pour revenir ; vingt et une heures, c’est aussi le moment charnière où une jeune fille pleine de doutes apprend à faire confiance à la vie.

Avis : Voici encore un beau roman publié chez l’école des loisirs. J’ai été un peu déroutée par la construction du récit, l’alternance entre ce qui s’est passé du matin, au réveil, à l’accident sur la plage. Tout au long du roman j’ai été poussée par l’envie de savoir comment ça allait se finir, ce qui avait pu arrivé à la mère et surtout la peur, comme Pauline, d’un nouveau drame. Parce que oui, la petite famille vient de connaître une terrible perte, le père/mari est mort. Et Pauline a beaucoup de mal à l’accepter, à avancer sans son père, et avec la peur de perdre un nouveau membre de sa famille. Incapable de dire ce qu’elle ressent, elle extériorise par la colère, la violence. L’école des loisirs est une maison d’édition que j’apprécie beaucoup, notamment pour la qualité de leurs textes. Comme il y a quelques semaines, je racontais à quel point Retrouver le petit frère était un bijou d’écriture, de sensibilité et de poésie, ici encore j’ai trouvé des passages merveilleusement bien écrits, justes, touchants :

 » C’est dur, Papa, de continuer à vivre sans toi. C’est terrible même. Je ne sais plus à qui confier mes secrets maintenant. Émilien n’intègre pas tout et j’ai peur d’inquiéter Maman. En plus, je me sens décalée avec elle. Avec toi, c’était facile. Je pouvais tout te dire et tu m’aidais à comprendre des choses importantes. Tu m’aidais à rester dans ma voie, tu étais mon guide. Depuis que tu es parti, j’ai l’impression de flotter dans ma vie. Je me sens ballottée d’un événement à un autre. Je n’arrive plus à reprendre pied. Je ne ris plus vraiment. C’est comme si quelque chose avait durci et me rendait plus coriace. Moins légère. Méchante aussi. » (page 67-68) « Je crois que j’ai peur… Peur de vivre encore un drame. Maman met du temps à revenir et j’ai peur quand Papa est mort. Peur du vide. Peur du manque. De l’absence. Peur de moi. Peur de tout et de tout le monde. Peur de ne pas y arriver… après. » (page 83-84)

Quand à son réveil sa mère est partie chez du pain, que son frère ne se lève pas, Pauline se sent saisie d’angoisse. Et s’il était arrivé quelque chose à leur mère ? Pourquoi son frère ne veut pas se lever ? Et quand plus tard, ce dernier risque sa vie dans la mer, elle est pétrifiée à l’idée de ne pas le revoir vivant. Mais au final … au final ces vingt et une heures, éprouvantes, lui auront permis d’apprivoiser sa peur, de faire son chemin jusqu’au monde des adultes, avec toutes les questions qu’un jeune peut se poser. J’ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture, même si le rythme n’était pas des plus haletants. C’est un texte sensible, mature, poétique, sur la difficulté de grandir, le manque, les peurs, que je conseille vivement !

Merci beaucoup à l’école des loisirs pour l’envoi et la confiance !

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