Tous nos noms – Dinaw Mengestu

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Éditeur : Albin Michel

Collection : Terres d’Amérique

Année de parution : 2015

Genre : Littérature

Traducteur : Michèle Albaret-Maatsch

Titre original : All Our Names

Résumé : Evénement littéraire aux Etats-Unis, Tous nos noms est sans doute le livre le plus ambitieux de l’auteur des Belles choses que porte le ciel. Roman de la maturité, où l’évocation d’une amitié mise à mal part l’Histoire se confond avec le portrait d’un continent déchiré, il pousse plus loin encore l’exploration de l’exil et du déracinement.

Isaac, un jeune Africain, est venu aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme d’échange universitaire. ni Helen, la jeune assistante sociale qui tombe amoureuse de lui, ni le lecteur ne connaissent son vrai nom : il l’a laissé derrière lui, en Ouganda, avec les promesses d’une révolution réprimée dans le sang par la future dictature, abandonnant aussi son ami le plus cher.

Du chaos de l’Afrique à la solitude du Midwest, dans une Amérique déchirée entre la guerre du Vietnam et la lutte pour les droits civiques, l’écriture intimiste et mélancolique de Dinaw Mengestu, mêlant les voix d’Helen et d’Isaac, saisit les paradoxes de l’Histoire et la nature humaine avec une force et une intelligence peu communes.

Avis : Tous nos noms est le premier roman que je lis de cet auteur. Le résumé m’intriguait grandement, le titre aussi, et si je ne savais pas trop dans quoi je me lançais, je ne regrette absolument pas ma découverte.

L’histoire est bâtie en deux voix : d’un côté le narrateur nous raconte sa rencontre avec Isaac, en Afrique, pendant une période trouble où le chaos, la dictature et la révolution finissent par faire des ravages. De l’autre, Helen qui nous raconte à son tour sa rencontre avec Isaac, venu aux Etats-Unis dans le cadre d’un échange universitaire. J’ai eu parfois un peu de mal à situer où et quand se passaient ces deux rencontres/récits, d’autant plus que parfois, pris dans un chapitre, j’oubliais que ce n’était pas la même personne qui racontait le suivant.

Chaque chapitre a un intitulé, en fonction du narrateur : « Helen » quand elle raconte Isaac, et « Isaac » quand l’autre « je » raconte Isaac. De cet autre narrateur on ne connaît que les surnoms qu’Isaac lui donne, « le professeur », « Langston », jusqu’au dernier qu’il aura. Au final, tout est devenu plus clair pour moi, quand j’ai compris à quel point l’écriture de l’auteur était subtile, qui était vraiment celui qui nous parlait, et à quel point tout cela se recoupait.

J’ai beaucoup aimé ce « je » presque anonyme, et cette Helen, tous deux à la fois si humains, avec des histoires si différentes et qui pourtant sont lourds de leur histoire. Cette histoire de deux êtres, finalement, de leur rencontre, de leurs tâtonnements, de leurs différences. Une histoire d’identité sociale, de dictature et de diaspora, de survie et de transmission. De tous ces noms qu’on oublie, qu’on abandonne, qu’on transmet ou qu’on adopte.

C’est un roman intense, bouleversant. Peut-être pas toujours simple, mais tellement prenant. Et puis l’écriture de Dinaw Mengestu est absolument sublime, poétique, subtile et forte à la fois. Un roman qui vous bouleverse, qui vous renverse comme lors d’une tempête.

Je remercie grandement les éditions Albin Michel pour la confiance et l’envoi !

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10 réflexions sur “Tous nos noms – Dinaw Mengestu

  1. La couverture me plaît énormément ! Merci beaucoup pour ton avis, je suis vraiment tentais par ce roman, les émotions que tu décris surtout 😀

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