Rouge Tagada ; Mots rumeurs, mots cutter ; Bulles & blues ; Invisible – Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini

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Éditeur : Gulf stream

Parution : De 2013 a à 2015

Genre : Bande dessinée

 

Charlotte Bousquet, l’auteure, et Stéphanie Rubini, l’illustratrice, ont décidé de s’associer pour ce très beau projet, une photo de classe en bande dessinée. Ainsi, à travers ce cycle de 4 ouvrages, on va croiser plusieurs élèves de la  4ème D, croiser les soucis qu’ils peuvent rencontrer, les secrets qu’ils peuvent garder en eux. Des BD courtes, chocs, qui font réfléchir, parfois sourire, et qui souvent nous touche. J’ai décidé de présenter ces 4 titres dans un même article.

. La première histoire de ce cycle, c’est Rouge Tagada. A la rentrée, Alex rencontre Layla, une nouvelle élève. Dès le début, cette fille l’intrigue, mais elle ne sait pas comment lui parler. Quelques semaines plus tard, grâce au théâtre, elles finissent par se rapprocher, devenir amies, meilleures amies, inséparables. Mais parfois Alex imagine ce que ça ferait d’embrasser Layla, de goûter le parfum de ses lèvres … Elle y pense, mais elle n’en souffre pas, elle ne cherche pas à aller plus loin, leur relation exclusive et fusionnelle la comble déjà … Jusqu’au jour où la jeune fille rencontre un garçon pour qui elle craque complètement ! Dès lors, Alex passe au second plan, noirci des pages et des pages de son journal pour exprimer ce qu’elle ressent … Jusqu’à ce que Layla ait besoin de ses conseils : comment est-ce qu’on embrasse ? Et si elles s’entraînaient ? Après tout, elles sont meilleures amies !

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Cette BD qui nous parle des premiers émois, des tourments de l’adolescence, de la recherche de soi, sonne bien juste. C’est un texte intelligent, sensible, et superbement illustré. J’ai trouvé ça chouette d’aborder ce sujet, sujet qui me semble encore assez tabou, malheureusement.

. Ensuite, j’ai lu Mots rumeurs, Mots cutter. Quand Léa commence à craquer pour le beau Mattéo, ce séduisant redoublant, elle ne sait pas dans quoi elle vient de tomber. On a beau lui dire qu’il ne reste jamais très longtemps avec la même fille, qu’il a sûrement plus d’expérience qu’elle, elle se laisse doucement séduire, et enfin, les voilà qui sortent ensemble. Un soir, son amie Solveig organise une soirée entre filles, l’occasion parfaite pour jouer à « action ou vérité ». Mais ce que Léa ignore, c’est que des photos d’elle nue ont été prise pendant cette soirée. Dès le lendemain, sa vie bascule dans le cauchemar. Moqueries, insultes, la voilà qui devient la cible de ses camarades. Mattéo ne veut plus entendre parler d’elle, ses amis lui tournent le dos.

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Ces « mots rumeurs » sont des « mots cutters », qui blessent, meurtrissent, impriment leurs marques, détruisent la jeune fille. Qui, écrasée par les moqueries, la honte, ne sait à qui parler, ne trouve aucun réconfort. J’ai beaucoup aimé retrouver le talent de Charlotte Bousquet et de Stéphanie Rubini, dans cette histoire traitant du harcèlement scolaire, autre sujet fort et important. J’ai préféré la fin de cette BD, plus optimiste.

. La troisième histoire de ce cycle est Bulles & Blues. Chloé et Soan sont inséparables depuis que leurs parents se sont mis ensemble. Deux vraies âmes sœurs, un soutien sans faille, une bouffée d’air frais à la maison ou au collège. Ils n’ont pas besoin de mots pour se comprendre, s’aider, s’aimer. Complètement différents l’un de l’autre, ils se complètent magnifiquement bien. Et puis, un beau jour, Soan commence à s’éloigner, à cacher des choses à Chloé, à craquer pour Layla. Eux, si complices avant, ne se parlent quasiment plus. Elle, elle aimerait que ça ne l’atteigne pas autant, mais elle a du mal, alors elle se renferme et multiplie les faux pas. Elle qui aime tant le dessin, elle s’y plonge corps et âmes, couchant avec son crayon ce qui se passe autour d’elle, les agressions et les moqueries que subit Léa, et elle se jure d’essayer de l’aider. Mais comment ? C’est en craquant dans les bras d’une documentaliste, qu’elle trouvera un début de réponse.

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Les thèmes ici abordés sont moins durs, mais tout aussi intéressants, d’autant plus qu’ici l’histoire de Chloé fait écho à celle de Léa, puisque leurs chemins vont se croiser. J’aurai peut-être aimé avoir plus de « Chloé » pour elle-même, voir un changement par rapport à Soan, mais j’ai beaucoup aimé qu’elle se détourne de ses problèmes pour aider quelqu’un qui en avait vraiment besoin, qu’elle décide de mettre son dessin au service des injustices. Cette histoire ne va pas plus loin que la précédente, on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir des deux jeunes filles, si elles deviendront amies, ce qu’il adviendra, mais la fin reste pour le moins intéressante et prometteuse.

. Enfin, le dernier tome est arrivé, Invisible. C’est l’histoire de Marie, cette adolescente un peu trop ronde, un peu trop gentille, qui ne sait pas dire non, qui ne s’impose pas, qui ne sait pas comment exister. Jusqu’à ce que Soan lui donne une raison d’être, l’envie d’exister. Alors ses journées deviennent plus belles, elle se trouve une raison de changer, de vouloir être remarquée. Mais à la maison rien n’est simple, personne ne voit la fleur qui ne demande qu’à s’épanouir. Et quand on commence à se trouver une raison de sourire, la chute n’en serait-elle pas plus terrible ?

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Marie m’a tellement fait mal au cœur parfois. On sent que la chute va arriver, et pourtant on n’arrive pas à détacher notre regard de ce qu’on lit. C’est horrible, ce sentiment de n’être rien, de n’être vue par personne, de ne pas savoir comment exister. Et la fin, quelle fin …

Pour conclure sur ce cycle collégien : Cette série graphique est un vrai coup de cœur. Tous ces thèmes abordés, ces thèmes propres à l’adolescence, le sont avec justesse, finesse. Le harcèlement scolaire, les relation amoureuses, amicales, fraternelles. Le rapport aux autres, à son propre corps. Le suicide, l’homosexualité. De plus, les dessins sont vraiment chouettes, dynamiques, colorés : l’ensemble à tout pour plaire aux ados.

A chaque fois les fins restent plutôt ouvertes. Tantôt optimistes, tantôt tristes, on ne sait pas vraiment comment les choses vont évoluer une fois le lire refermé. J’aime à me dire que tout ne finit pas avec la dernière page, que leurs désespoirs ne sont pas forcément ce qui leur restera.

Comme les 4 histoires se déroulent sur la même période, d’une BD à l’autre on croise les mêmes personnes qui un coup sont personnages principaux, un coup personnages secondaires dans l’histoire d’autres. Et on s’attache à eux, on a envie qu’ils s’en sortent. On s’identifie parfois, on repart des années en arrière. Il y a forcément un des personnages qui vous rappellera la personne qui vous étiez, ou que vous côtoyiez au collège. Je pense sincèrement que ces quatre bandes dessinées sont essentielles, qu’elles devraient être mises entre toutes les mains adolescentes (et même plus tard), dans les collèges. Et si vous, vous avez l’occasion de vous les procurer, n’hésitez pas !

11 réflexions sur “Rouge Tagada ; Mots rumeurs, mots cutter ; Bulles & blues ; Invisible – Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini

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