Dis-moi si tu souris – Eric Lindstrom

dis-moi-si-tu-souris

Éditeur : Nathan

Parution : 2 Juin 2016

Genre : Roman jeunesse

Traduction : Anne Delcourt

Titre original : Not if I see you first

Résumé : « Je suis Parker, j’ai 16 ans et je suis aveugle.

Bon j’y vois rien, mais remettez-vous  je suis pareille que vous, juste plus intelligente. D’ailleurs j’ai établi les Règles de Parker :

  • Ne me touchez pas sans me prévenir ;
  • Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
  • Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
  • Et ne cherchez JAMAIS à me duper.

Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire :

  • Il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable. »

 

Avis : Parker Grant a perdu la vue l’année de ses sept ans, dans un accident de voiture ayant coûté la vie à sa mère. Depuis, elle vit seule avec son père, son roc dans sa vie devenue quelque peu chaotique. Heureusement, Parker a également pu au fil des années, compter sur Sarah, sa meilleure amie, mais aussi Scott, son meilleur ami et petit ami. Jusqu’au jour où une mauvaise blague, une interprétation les sépare : la jeune fille ne veut plus entendre parler de lui. Décision facilitée par le fait qu’ils ne se retrouvent pas dans le même lycée. Mais, deux ans et demi plus tard, alors que le roc de Parker s’est écroulé, et que la jeune fille s’était bâti une nouvelle vie et commençait même à s’intéressait à d’autres garçons, Scott débarque à nouveau dans sa vie, dans son quotidien. Pour le meilleur, ou pour le pire ?

Parker est aveugle. C’est aussi quelqu’un qui  ne prend pas de détour, quelqu’un de franc, d’honnête. Mais c’est aussi quelqu’un de meurtri, parfois perdu. J’ai beaucoup aimé découvrir son univers : sa nouvelle vie avec sa tante, venue vivre chez elle à la mort de son père ; ses amis – ceux qui la suivent depuis des années et ceux qui entrent petit à petit dans sa sphère ; sa passion pour la course qui donne lui a de belles envolées, tant on sent le bien que ce sport lui procure, ce sentiment de liberté à nul autre pareil.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce roman ne dégouline pas de tristesse ou de mièvrerie. On ne plonge pas dans le mélo. Oui, il y a des passages plus émouvants que d’autres, mais je retiens surtout la force et l’humour de Parker, la dérision dont cette jeune aveugle-mais-pas-que fait sans cesse preuve, n’épargnant personne et même pas elle. On suit son quotidien, ses différences, mais aussi ses relations aux autres, la profonde amitié qui la lie à Sarah. Malgré son handicap, c’est avant tout une ado comme les autres, et sa vie se compose de moments d’amitiés, de cours, de famille et bien sûr d’histoires d’amour.

J’avais peur de ne pas accrocher avec elle, et finalement, j’ai beaucoup aimé suivre son évolution. Après les drames qu’elle a connu, elle a eu tendance à se renfermer sur elle-même, être intransigeante avec les autres quitte à être injuste – manière de se protéger sans doute. Si elle s’est fixé des règles, elle se rendra compte que tout ne peut être figé.. J’avais parfois envie de la secouer face à certaines réactions, et puis … et puis ce roman fait aussi réfléchir : si l’on ne nous dit rien, nous pouvons toujours nous aider d’indices visuels (regards, posture, moue, etc). Or Parker, elle, passe parfois à côté d’éléments, ne pouvant s’appuyer sur les expressions qui parlent parfois plus que la parole. Toutes ces petites choses sur lesquelles nous nous appuyons, toutes ces choses dont on ne se rend même plus compte, Parker en est privée et doit apprendre à composer sans, ce qui peut parfois se révéler problématique.

Petit point positif ! J’ai beaucoup aimé la couverture du livre : on y voit une successions de petits points blancs, suivi du titre du livre – très vite on comprend qu’il s’agit de braille. J’ai trouvé l’idée plutôt sympa. Détail qu’on retrouve à chaque début de chapitre, d’ailleurs.

En bref, j’ai bien aimé ce roman : c’est une lecture sympathique, qui fait du bien, qui se lit vite et bien. Même si l’histoire en elle-même est assez convenue et qu’on imagine comment les choses peuvent tourner, l’originalité vient du personnage de Parker et de son handicap – parties du récit que j’ai beaucoup aimé découvrir.

 

Un grand merci aux éditions Nathan pour la découverte et la confiance !

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