La différence invisible – Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

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Éditeur : Delcourt/Mirages

Parution : 31 août 2016

Genre : BD

Résumé : Marguerite a 27 ans et à première vue, rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise, vit en couple… Pourtant, elle est différente et lutte chaque jour pour sauver les apparences. Lassée de se sentir en permanence décalée, elle décide un jour de partir à la rencontre d’elle-même ; sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Avis : Marguerite, 27 ans, est à priori « comme les autres ». Un boulot dans une bonne boîte, intelligente, elle vit en couple avec Florian depuis deux ans … bref, tout pourrait bien se passer, sauf que chaque jour est une lutte, chaque jour lui demande une attention de chaque instant. Pas de place pour l’imprévu, tous les jours commencent de la même manière : comme autant de petits rituels, Marguerite répète les mêmes gestes jours après jours, se lève toujours à la même heure, emprunte toujours le même chemin pour se rendre au travail.  Peu à l’aise en société, elle se sent toujours en décalage, a sans cesse l’impression de ne pas dire ce qu’il faut au bout moment, de n’être jamais à sa place parmi les autres et elle a du mal à se mêler lors de soirées ou au travail – ce qui provoque quelques tensions dans son couple ou avec ses collègues : elle ne fait pas d’efforts. Il faut dire que ce n’est pas facile de prendre du plaisir à un échange quand on se sent sans cesse agressé par le bruit ambiant, qu’on n’arrive pas à discerner l’humour.

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Fatiguée de se sentir différente, incomprise (des autres et d’elle-même, finalement), d’essayer de faire ce que l’on attend d’elle et d’avoir toujours l’impression de décevoir, Marguerite se renseigne et fini par découvrir qu’elle pourrait être atteinte du syndrome d’Asperger. Après l’impression de s’être pris un mur en pleine face, le soulagement fait peu à peu place : elle sait ce qu’elle a, ce qu’elle est. Pourtant, la route sera longue avant de trouver un professionnel qui la diagnostique Asperger. C’est là qu’on comprend que chez les femmes, c’est encore plus compliqué à déceler : pour certains médecins il s’agit d’une question d’humeurs, d’hormones, et non d’un syndrome quel qu’il soit.

Toujours est-il que finalement, Marguerite a la chance de trouver les bonnes personnes, celles qui vont l’aider dans son cheminement. Elle va enfin pour s’accepter, se respecter elle et ses limites. Et commencer à vivre.

J’ai trouvé cette bande dessinées très intéressante. Les illustrations sont simples, réalistes, parfaites avec le texte. Certains passages serrent le cœur, alors que d’autres sont plein d’humour et d’autres nous font réfléchir. Si je ne suis pas concernée directement par le syndrome d’Asperger, je connais plusieurs personnes, j’ai suivi le parcours de plusieurs personnes jusqu’au diagnostic. On se rend compte avec cet album à quel point cela peut-être difficile, long. Les souffrances qui découlent de l’absence de diagnostic, et le long chemin qui reste à parcourir après. Des choses qui nous paraissent évidentes, d’une simplicité « enfantine », et qui pourtant demande un effort considérable aux personnes autistes.

En bref,  c’est un très beau témoignage, profondément intéressant qui sort demain en librairie, et qui offre de grandes pistes de réflexion. Une bande dessinée essentielle, qu’on soit concerné directement ou non par ce syndrome. Un beau message de tolérance sur la place que chacun devrait pouvoir trouver dans la société, de respect de l’autre et de soi-même.

« Le préjugé est enfant de l’ignorance » (William Hazlitt)

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14 réflexions sur “La différence invisible – Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

  1. Ca poserait moins de problèmes s’il n’y avait pas tant de gens intolérants vis-à-vis de ceux qui n’ont pas la même conception de… tout et n’importe quoi. Comme par exemple de ce qui est drôle ou pas.

  2. le dessin n’est pas le style que je préfère, MAIS telle que tu la racontes, cette BD semble très attachante et intéressante. j’ai entendu à la radio un jour un reportage d’une jeune fille qui a eu ce parcours. que ce soit à cause de cette maladie ou autre (parce que même si c’est les hormones, hein?!!!), si on est pas « comme il faut »… ouh la, dure la vie.

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