La dame de Wildfell Hall

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 Réalisateur : Mike Barker

Acteurs : Tara Fitzgerald, Toby Stephens, Rupert Graves

 Genre : Drame, Romance

Éditeur : Koba Films

 Durée : 156 min (3 épisodes)

Sortie (DVD) : 2 janvier 2017

Résumé : UN SOMMET DU ROMANTISME

L’arrivée au manoir de Wildfell d’Helen Graham alimente les rumeurs de tout le village : Qui est-elle ? Pourquoi vit-elle recluse avec son jeune fils ? Quel secret peut-elle cacher ? Le séduisant fermier Gilbert Markham s’éprend de l’inconnue. À la suite d’évènements tragiques, il se met également à douter…

Avis : Et non, vous ne rêvez pas ! Il s’agit bien d’un rendez-vous un peu spécial aujourd’hui puisque je vais vous parler DVD, avec l’adaptation en série du roman d’Anne Brontë (un jour je vous parlerai de mon amour pour les œuvres des sœurs Brontë) « La Recluse de Wildfell Hall« . Si son nom vous parle un peu, c’est également elle qui a écrit « Agnes Grey », que vous me ferez un plaisir de lire si ce n’est pas encore fait 😛

Le premier épisode de cette mini-série commence fort : nous sommes directement plongé au cœur de l’action, alors que l’on voit une jeune femme emmener précipitamment son jeune garçon et une servante. Que fuit-elle ? Par qui ne veut-elle pas être surprise ? Nous les retrouvons tous les trois à Wildfell Hall. Alors que Helen Graham s’installe avec son petit Arthur au manoir, préférant leur solitude à la compagnie de leurs voisins, les commérages vont bon train. Qui est-elle ? Comment peut-elle vivre dans un tel endroit, seule avec son fils ? Pourquoi cette mine si austère ? Et puisqu’elle reçoit des hommes, sa réputation est vite faite : elle est infréquentable. Autant dire que les amis ne se pressent pas sur le pas de sa porte… Mais un voisin – qu’elle rencontre alors que son fils est bloqué dans un arbre – ne semble pas prendre part aux rumeurs, au contraire il recherche sa compagnie dès qu’il le peut. Gilbert Markham arrivera-t-il à percer la coquille dont semble s’être enveloppée la méfiante Helen, et lui prouver qu’elle peut avoir confiance en lui ?

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Helen Graham – jouée à merveille par Tara Fitzgerald, que j’avais déjà aperçue dans Game of Thrones – a des idées bien tranchées. Déterminée, elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, et tant pis si elle heurte la bienséance de l’époque. La voilà donc qui remet les hommes à leur place, ou encore déplore que les garçons et les filles ne soient élevés de la même manière : j’ai beaucoup aimé ce trait de caractère qui en fait une héroïne moderne, féministe, et beaucoup plus agréable (à mes yeux) que Rose ou Eliza qui préfèrent s’adonner aux commérages et parler chiffons. Austère, froide, on sent bien qu’elle se méfie et veut dans un premier temps tenir ses voisins à l’écart – tout comme le lecteur est tenu à l’écart : on ne sait rien d’elle sinon qu’elle semble avoir fui quelque chose. Si c’est un personnage intriguant, on a peut-être du mal, dans le premier épisode, à s’attacher à elle puisque l’on reste dans le flou.

Et puis nous découvrons une autre facette d’elle, dans le deuxième épisode, quand elle confie son journal intime à Gilbert Markham – un paysan voisin qui semble s’être épris d’elle. C’est à ce moment que les choses s’éclairent et que l’on va (enfin) savoir quel lourd secret elle peut bien cacher. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que sa vie avant d’arriver à Wildfell Hall n’a pas été des plus joyeuse – en cela on reconnaît bien le travail d’une sœur Brontë. Nous remontons donc le temps dans un ingénieux flashback, afin de faire connaissance avec Helen alors qu’elle n’a que 18 ans : l’âge de l’insouciance, où tout nous semble possible. Alors que sa tante l’emmène faire son entrée dans le monde, dans l’espoir de lui trouver un mari convenable, elle tombe sous le charme de Huntingdon, un jeune homme séduisant mais dont la mauvaise réputation n’est plus à faire. Qu’à cela ne tienne, déjà déterminée à n’en faire qu’à sa tête à l’époque, Helen ne tarde pas à l’épouser … et à se rendre compte qu’on est bien loin du conte de fées imaginé. Tantôt adorable, tantôt tyrannique, Huntingdon n’hésite pas à se montrer violent verbalement, et à lui rappeler que son rôle n’est que de lui obéir et le servir. Par là, on voit bien le statut de la femme à cette époque, vue avant tout comme la maîtresse de maison destinée à servir son mari, et non à exprimer une opinion. Là où certaines accepteraient sans broncher, on sent que Helen a de plus en plus de mal à supporter ses insultes, ses tromperies, sa passion pour la boisson et les mauvaises fréquentations, surtout depuis que leur enfant est en âge de comprendre ce qui se passe autour de lui. Pour échapper à cette spirale infernale, elle n’a d’autre choix que de fuir.

Finalement, en prenant en compte toute son histoire, on ne peut qu’apprécier – je pense – Helen, son abnégation puis sa force, son courage de se révolter, de fuir le joug d’un mari tyrannique et de tout recommencer, d’encaisser les médisances de ses voisins alors même qu’ils ne savent rien d’elle. Ah le charme des petits villages, où les voisins sont si prompts à juger, sans connaître ! Par ces scènes où l’on voit Helen chez l’une ou l’autre de ses voisines, on voit bien ce rapport entre elles : finalement, cette recluse de Wildfell Hall l’est bel et bien, mais pas uniquement de son fait.

Grâce à quelques rebondissements, nous sommes tenus en haleine et nous voulons savoir la suite – le découpage des épisodes est très bien choisi, je n’avais aucune envie d’attendre avant de savoir ce qui allait se passer. Bien évidemment, j’ai adoré la fin. J’ai eu très peur (bravo !) et puis … voyez par vous-même 🙂 ! J’ai beaucoup aimé les jeux de Tara Fitzgerald, Toby Stephens (qui joue Gilbert Markham), Rupert Graves (croisé dans la super série « Sherlock » – ça fait bizarre du coup de l’imaginer dans ces deux rôles 😛 ), que j’ai trouvé très convaincants.

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Au final, n’hésitez pas à découvrir cette mini-série (que vous ayez ou non lu le roman), où drame féministe et romantisme se mêlent à l’époque victorienne pour notre plus grand plaisir. Outre une belle distribution et une jolie adaptation, les musiques sont très sympas : j’ai passé un excellent moment.
Petits détails techniques sur le DVD :
– pas de version française pour cette série, mais on peut mettre les sous-titres . Pour ma part cela ne m’a pas dérangée, au contraire il était temps que je me remette à la VO !
– 4 petits extraits pour découvrir d’autres séries BBC ;
– qualité des sons et images appréciable (la série date tout de même de 1996)
Un grand merci à la société Koba Films pour la confiance et l’envoi de ce service presse !
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