Mon Père – Grégoire Delacourt

Éditeur : JC Lattès

Parution : 20 février 2020

Genre : Littérature

Résumé : Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos Rois.

Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ? 

Avis : Avant la semaine dernière, je n’avais jamais lu de roman de Grégoire Delacourt. Et peut-être que ça serait toujours le cas si, peu de temps après sa sortie, la story d’une blogueuse que je suis sur Instagram ne m’avait pas interpellée. Il m’aura tout de même fallu bien un an pour le sortir de ma bibliothèque, probablement parce que je savais que je n’en ressortirais pas indemne.

Ce roman, c’est l’histoire d’Edouard. Ou celle de son fils, violé par un homme d’Eglise. Edouard retrouve ce dernier, le confronte, l’affronte, et durant trois jours, cherche à comprendre, à venger. Trois jours de mensonges, de discussions, de violences (de mots, d’actes). Pour pouvoir oublier ?

Bon, bon, bon, par où commencer ! Ce roman est plutôt court, pourtant je l’ai traîné plusieurs jours. Vous l’aurez compris, ce n’est pas une lecture facile, loin de là. Edouard veut comprendre ce qui s’est passé, ce qui a séduit le Père chez son fils, et les détails sont assez ignobles. Le désir de savoir du père de l’enfant peut être perçu comme malsain, je le vois plutôt comme l’envie de ne pas être épargné, tout comme son fils n’a pas été épargné, peut-être parce qu’il culpabilise de n’avoir rien vu, peut-être parce qu’il ne comprend pas l’attirance qu’on peut avoir pour les petits garçons, ou juste pour arrêter de tout imaginer. Certains passages sont vraiment durs, dérangeants.

Je pense qu’ avant ce roman m’aurait déjà retournée, mais maintenant que je suis maman, imaginer que quelqu’un fasse quelque chose de semblable à mon enfant… je n’ai pas les mots, c’est atroce. Et pourtant, ne nous leurrons pas, ça arrive encore bien trop souvent. Le fait qu’ici l’acte soit commis par un homme d’Eglise rend les choses encore plus (si c’est possible) révoltantes, notamment quand on voit la foi et la confiance aveugles de la mère d’Edouard. Confiance dont il a largement abusé, avant d’abuser du corps de ces enfants qui se croyaient avec un ami. Cette histoire se replace dans le contexte de ce que l’on entend régulièrement aux infos, on sait que ça arrive, et on sait que malheureusement ces crimes sont rarement punis comme il le faudrait. C’est tout simplement abject. Et il est peut-être temps d’arrêter de fermer les yeux.

Comme je le disais plus haut, c’était le premier roman que je lisais de Grégoire Delacourt, et j’ai été agréablement surprise de son écriture : c’est vraiment très bien écrit. Les tournures de phrases sont tantôt belles, tantôt percutantes. Je n’ai pas forcément accroché aux passages plus « religieux », les réflexions d’Edouard, même si je comprends son parallèle et reconnais le travail fourni. En revanche, le roman alterne entre le présent avec la confrontation du prêtre et le passé, où l’on redécouvre le couple, Benjamin, j’ai trouvé ça bien, intéressant, et comme une pause bienvenue entre deux révélations.

Au final, c’est dur de dire que j’ai aimé un tel roman, mais assurément, il fait réagir, il remue, et en bien ou en mal il ne laissera personne indifférent. Un huis-clos bouleversant, étouffant, entre un père et un Père, et qui fait également réfléchir sur notre société…

« Il est des silences qui se brisent trop tard »

12 réflexions sur “Mon Père – Grégoire Delacourt

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