Griott & Mungo : Maman ?! ; Tremblez, bêtes féroces ! – Nena & Witko

 

Éditeur : Flammarion Jeunesse

Parution : 2017

Genre : BD jeunesse

 

Résumé : Il y a très, très, très longtemps, dans la tribu des Poudanlatët, Griott s’ennuie au milieu des adultes. Jusqu’au jour où elle rencontre Mungo, le plus dingo des bébés dinos …

 

Avis : Dans le même format que les bandes dessinées de chez BDkids (style Mortelle Adèle) je demande Griott et Mungo chez Flammarion !

Dans le premier tome de cette nouvelle petite série de bandes dessinées pour enfants, Griott tombe complètement par hasard sur un drôle d’œuf … duquel sort un bébé dinosaure – qui commence par la prendre pour sa mère. Très vite, la jeune fille parvient à le faire accepter à sa famille, et décide de l’appeler Mungo. Avec son nouvel ami, la voilà qui va vivre de nouvelles aventures – dont la plus grande peut-être sera de le faire entrer dans la tribu. Une chose est sûre : elle n’a pas fini de rigoler !

Dans la deuxième petite aventure, un tremblement de terre inquiète la tribu : pourquoi la montagne se met à fumer ? Griott et Mungo décident de suivre ceux envoyés en éclairage, sans se douter qu’ils risquent de croiser quelques bêtes sauvages …

Ces deux petits albums se lisent très vite. A quasi chaque double page un petit titre annonce ce qui va suivre – car oui, l’histoire est continue et se suit (d’ailleurs les deux livres se suivent et c’est quand même mieux de les lire dans l’ordre), un peu comme si on avait une succession de chapitres. L’histoire est donc relativement courte, les dessins sont chouettes et colorés. C’est drôle, ça ne vole pas toujours très haut (avouons-le, ça parle de prouts !) mais ça devrait bien amuser les jeunes lecteurs (dès 7 ans).

Merci aux éditions Flammarion pour la confiance et la découverte !

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Mémoires d’une jeune GUENON dérangée, tome 1 – Maureen Wingrove (Diglee)

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Éditeur : Michel Lafon

Parution : 12 octobre 2017

Genre : Jeunesse, journal intime

 

Résumé : Cléopâtre a 13 ans, trois chats, des parents divorcés, une petite sœur givrée fan de phoques, une pilosité plus proche de celle du singe que de l’être humain, et doit supporter quotidiennement maintes humiliations et insultes assénées par Clément, le plus sadique mais néanmoins plus beau mec du collège.

Heureusement, elle peut compter sur sa BFF Chloé pour lui faire oublier ses drames existentiels à grand renfort de missions d’espionnage nocturnes et de tournage de film d’horreur amateur.

Mais cette année, deux nouveaux font leur apparition en classe de quatrième… Et il se peut qu’ils changent considérablement le quotidien de Cléo.

« Si on y réfléchit bien, ma classe n’offre pas un large choix de potentiels futurs Roméo. Non pas que je mérite un ULTRA BEAU GOSSE, surtout si on part du principe que “qui se ressemble s’assemble” : dans ce cas je dirais plutôt que je mérite une triple médaille d’or de mocheté. De toute façon, je préfère l’adage qui dit que “les opposés s’attirent”. En toute logique, je devrais donc rendre fou d’amour Ryan Gosling. »

 

Avis : Il y a quelques années, j’ai découvert le travail de Diglee avec ses bandes dessinées (Autobiographie d’une fille gaga, Confessions d’une Glitter Addict, Forever Bitch). Depuis, j’ai toujours gardé un œil sur son travail, principalement par le biais de son blog, où elle partage bon nombre de réflexions intéressantes. Tout ça pour dire que j’étais ravie de pouvoir découvrir ce roman, sous forme de journal intime, et destiné aux ados.

On fait la connaissance de Cléopâtre (appelez la Cléo, c’est mieux), une jeune collégienne de 13 ans. Avec sa super bande de copines, on va suivre ses aventures jusqu’à Halloween (du coup ça tombe bien, on est pile raccord niveau timing là !), et tout y passe : les parents, la sœur passionnée de phoques, les amis aussi timbrées qu’elle et les camarades plus méchants, le collège, les profs, les garçons (surtout les garçons). En plus, cette année, il y a deux nouveaux, autant dire que ça risque d’être intéressant !

Tout cela donc, sous forme de journal. Si n’importe qui racontait ses journées, ça pourrait être vite barbant (bah oui, les souvenirs des autres, quand on ne les a pas vécu avec eux, mouais. Puis la vie d’une collégienne, qui ça intéresse, franchement ? Et celle de sa voisine ?). Hé bien détrompez-vous, on passe un super moment avec Cléo ! Même si je suis loin d’être le public cible (non, je n’ai pas l’âge d’un dinosaure, merci, disons juste que … j’ai eu le temps d’avoir deux fois 13 ans !), j’ai été très facilement transportée à mes années collège. C’est un super moment de rire, de détente. Ça fait un bail, en fait, que je n’avais pas pouffé derrière mon bouquin, en imaginant telle ou telle scène.

Car vous l’aurez compris, ce roman est bourré d’humour. Les expressions, la façon de raconter, c’est la poilade assurée. D’ailleurs, certaines expressions, ces « potesses » ou cette petite sœur aussi agaçante qu’attachante, Cléo même, ou la façon dont se termine ce premier tome, des tas de choses m’ont rappelé le Journal intime de Georgia Nicolson, de Louise Rennison, cette série sous forme de journal qui a bercé mon adolescence. J’ai dû relire mes vieux livres des dizaines de fois, et j’attendais chaque nouveau tome avec une immense impatience. Mais vous savez quoi ? Je crois que je n’ai même pas fini cette série (il paraît que j’avais passé l’âge) et ça, c’est un drame ! Bref, recentrons-nous ! L’humour, donc, omniprésent, m’a rappelé cette chère Georgia, et si j’ai eu peur de trop voir un copié-collé, j’ai vite été rassuré : on sent l’héritage, mais Diglee arrive à créer sa propre héroïne, sa propre histoire. C’est résolument plus moderne, et ça parlera sûrement aux ados d’aujourd’hui.

Ce que j’ai apprécié, surtout, c’est que derrière cette bonne couche d’humour, on aborde aussi des sujets plus sérieux, et tellement importants à cet âge. La relation au corps, ce corps qui change, qui devient parfois un étranger, un ennemi. Ces manifestations de la puberté qu’on aurait aimé éviter. Et dont on n’ose pas toujours parler, car la société, le regard des autres nous brident. Et surtout, ça parle de harcèlement scolaire, de ces personnes qui parfois se liguent, sans raison, contre quelqu’un, juste parce que c’est marrant de se moquer, d’être les « caïds » du bahut et de s’en prendre à ceux qui ne disent rien. Dans les sujets plus joyeux, on parle aussi d’amour, et d’amitié. Vous savez, ce genre d’amitié à toute épreuve, qui donne envie de retrouver sa bande de copine de l’époque et de faire les 400 coups. Ah, et oui, on parle aussi de Lady Gaga (enfin, chorés).

En fait, si vous avez aimé les BDs de Diglee, ou si vous suivez un peu son travail, vous la retrouverez dans ce roman. Des clins d’oeil, des surnoms, du dindon, des pensées féministes, son humour, si Maureen avait peur, qu’elle soit rassurée, ce roman a tout d’un grand, et devrait facilement trouver son public !

En bref, un livre à découvrir de toute urgence, et à offrir aux ados que vous connaissez. C’est frais, drôle, mais aussi juste, et intelligent ! J’ai vraiment hâte de lire le tome 2 !

Mizu et Yoko : s’envoler – Laurie Cohen & Marjorie Béal

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Éditeur : Maison Eliza

Collection : Menthe à l’eau

Parution : 15 octobre 2017

Genre : Album Jeunesse

 

Résumé : Mizu se met en tête d’apprendre à voler. Toujours accompagné de son ami Yoko, il élabore de drôles de stratégies pour y parvenir : sauter d’un tremplin, construire une étrange machine, s’accrocher au dos d’un oiseau… Finira-t-il par y arriver ?

 

Avis : Plus besoin de vous présenter Maison Eliza, cette jeune maison d’édition que j’aime d’amour … En fait, si ! Car c’est important de défendre et parler de ces maisons d’édition, peut-être moins connues, mais à tort ! Spécialisée dans les albums jeunesse de 3 à 9 ans, Maison Eliza est une maison d’édition qui propose de jolis albums, conçus avec soin. De plus, pour 5 livres vendus, un livre est offert à un enfant qui a peu accès à la culture !

Dans cet album-ci, on retrouve Mizu et Yoko, deux petits personnages croisés l’année dernière ici. Un beau jour, Mizu voit passer un drôle de machin dans le ciel. Face à son interrogation, Yoko lui explique qu’il s’agit d’un hélicoptère, qui transporte des passagers d’un endroit vers un autre. Décidé à apprendre à voler, Mizu commence à construire un petit tremplin – mais le résultat est loin d’être probant.

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Ni une ni deux, le voilà qui construit une drôle d’hélice qu’il se fixe sur la tête, avant de s’écraser à nouveau lourdement sur le sol. Heureusement, à chaque fois il peut compter sur son ami pour le soigner !

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J’aime beaucoup ces deux personnages – Mizu est tellement mignon ! Les illustrations sont tendres, douces, j’aime les couleurs choisies, le format de l’album. J’ai le fait qu’on soit sur la banquise, peut-être que c’est l’effet « froid-qui-revient » mais j’aime l’ambiance qui s’en dégage, qui donne juste envie de découvrir ce bel album bien au chaud sous un plaid 😛

L’histoire quant à elle est sympathique : outre la belle amitié entre les deux personnages, on voit que Mizu a peut-être eu raison de s’entêter … la chute fait d’ailleurs sourire !

En bref, un joli album à découvrir, à offrir, dès 3 ans !

 

Un grand merci à Maison Eliza pour la confiance et l’envoi !

 

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Pour acheter cet album, c’est par ici !

Esclave de sang, tome 2 – Tasha Lann

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Éditeur : Calepin

Parution :  2016

Genre : Fantastique

Format : e-book

 

Résumé : Mon nom est Jehan Sullivan. Je suis un vampire tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Du moins, je l’étais… jusqu’à ce que je me lie à une esclave de sang : Evy.

Elle a fait de ma vie un véritable cauchemar. Enfin, surtout depuis qu’elle est parvenue à en sortir.

Elle n’en a pas vraiment conscience, mais sa liberté n’est qu’un leurre. À l’instant où j’ai gouté son sang, mon monde est devenu le sien. Maintenant, ce n’est plus qu’une question de temps avant que l’inévitable ne se produise… et que le véritable enfer ne commence.

 

Avis : J’ai eu la chance de découvrir le premier tome de cette saga de Tasha Lann l’année dernière, grâce aux éditions Calepin. Pour retrouver ma chronique, c’est par ici.

Pour éviter tout risque de spoilers, notamment si vous n’avez pas encore lu le premier tome et souhaitez le faire, je ne vais pas trop en révéler sur l’intrigue. Toujours est-il qu’on retrouve pas mal de personnages du premier volet, mais on en découvre également de nouveaux – et pas forcément animé des meilleures intentions du monde. Si la vie d’Evy avait déjà pris un tournant inattendu pour la jeune fille, ce n’était rien comparé à ce qui l’attend encore dans cette suite !

Ce que j’avais surtout apprécié dans le tome 1, c’est l’originalité : le concept d’esclave de sang que je n’avais encore croisé nul part. Ici, j’ai retrouvé les petits éléments qui m’avaient déjà plu à l’époque : l’humour, très peu de temps morts et de l’action quasi omniprésente, et surtout le caractère de Evy, cette jeune femme entêtée, battante. Je pense qu’au delà de l’intrigue, c’est elle qui fait la force de cette histoire, qui lui donne ce petit côté piquant et qui fait qu’on a envie de savoir la suite.

Toutefois, je n’ai pas apprécié ma lecture autant que le premier tome, disons que parfois je me demandais où l’auteur nous menait. J’avais l’impression qu’on manquait d’éléments, sur Evy, son nouveau statut/environnement.

Et ce qui m’a un peu « bloquée » au début, c’est le fait de ne plus savoir où j’en étais. Il s’est écoulé un peu plus d’un an entre mes lectures des deux tomes, du coup je n’avais plus tout en tête. Un résumé ou un petit rappel aurait été une bonne chose, du coup, j’ai dû reprendre mon premier tome et relire les dernières pages.

Au final, une lecture un peu longue mais agréable, qui laisse espérer pour la suite !

 

Merci aux éditions Calepin pour la confiance et l’envoi !

 

 

Explique-moi … – Ceri Roberts, Louise Spilsbury & Hanane Kai

 

Éditeur : Nathan

Collection : Explique-moi

Parution :  septembre 2017

Genre : Jeunesse

 

Avis : Le mois dernier, deux nouveaux albums sont parus chez Nathan, avec un simple objectif : expliquer, simplement, mais réellement, des thèmes de société actuels. S’ils ne sont pas à mettre entre toutes les mains, ils permettrons d’éclairer un peu les petits qui se posent des questions sur ce qu’ils voient ou entendent.

Les réfugiés et les migrants nous expliquent donc qui sont ces personnes, pourquoi ils partent de chez eux, pour aller où, qui les aident, les camps de réfugiés, comment les aider.

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On retrouve le même schéma pour La pauvreté et la faim, qui commence par définir les termes, avant d’expliquer qui est touché par ça, pourquoi, les problèmes de santé qui en découlent, ce qui peut être fait.

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Dans chacun de ses deux albums, on commence d’abord un sommaire. Si l’on a presque l’impression de lire une histoire (le texte qui se déroule sans être interrompu, les illustrations présentes à chaque page), ce sommaire est là pour nous rappeler chaque question abordée par un titre concis (les effets de la guerre, la dure vie des enfant, les enfants déplacés, demander l’asile, etc), puisqu’on ne retrouve pas ces mêmes titres dans le texte qui suit. Enfin, on retrouve systématiquement 5 catégories : en parler, comment peux-tu aider, des livres et des sites, des mots expliqués, et enfin un index, permettant d’aller plus loin et de bien saisir tous les termes employés.

Vous l’aurez compris, ces petits albums poignants risquent de vite devenir des indispensables pour expliquer ces thèmes importants. Les mots sont soigneusement choisis, et les illustrations touchantes leur donnent davantage de poids. A découvrir dès 6 ans.

 

Un grand merci aux éditions Nathan pour la confiance et l’envoi !

Pfff… – Claude K. Dubois

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Éditeur : Ecole des loisirs

Collection : Pastel

Parution : 23 août 2017

Genre : Album jeunesse

 

Avis : Papa a décidé : c’est fini la tablette, il est temps de jouer dehors ! Mais pfff, qu’est-ce qu’on s’ennuie ! Merle, Roro et Pinson n’ont pas envie de jouer à chat (ce ne sont pas des chats, non mais !), ni au foot, ni de faire la course. Heureusement, papa a la bonne idée de gonfler la piscine, et … disons que Roro va y mettre du sien pour qu’ils passent tous une bonne journée !

Un petit album plein d’humour et de tendresse, sur ces moments de complicité entre frères. Mais aussi un album qui rappelle le bonheur des choses simples, des petits jeux qu’on peut trouver, sans forcément avoir le nez collé sur un écran, à une époque où trop d’enfants ne savent plus s’amuser ! Les dessins sont doux et tendres, ils donnent envie de courir dans le jardin par un jour de soleil, de respirer l’odeur des fleurs 🙂

Un grand merci aux éditions de l’école des loisirs pour la confiance et la découverte !

Lotto Girl – Georgia Blain

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Éditeur : Casterman

Parution : 13 septembre 2017

Genre : Jeunesse

Traducteur : Alice Delarbre

 

Résumé : « Ils se servent de nous. Parfois pour combler une lacune, parfois pour tester un nouveau profil. Ils se servent de nous pour les réglages, pour affiner un modèle. Nous ne sommes que des prototypes de travail. Ils encouragent nos parents, ou les soudoient. Les miens se sont entendus dire que je serais belle s’ils choisissaient l’option préconisée par BioPerfect.

Je l’ai dévisagée. Je n’avais jamais pensé qu’on puisse être autre chose qu’une Lotto Girl. C’est-à-dire une fille particulièrement douée, au patrimoine génétique exceptionnel. Une fille unique en son genre…  »

 

Avis : Le résumé de ce roman m’ayant pas mal intriguée, j’étais très curieuse de découvrir ce roman. Pourtant, dès sa sortie, je suis tombée sur plusieurs avis négatif, qui ont eu pour effet de calmer un peu mon impatience !

Fern a la chance d’être une Lotto Girl : ses parents ont gagné à la loterie lui permettant de voir ses frais de scolarité pris en charge, et surtout de subir une modification génétique qui lui donnera un don, un talent unique qu’elle pourra exploiter. Pourtant, les années passant, des doutes semblent planer sur certaines des élèves de l’école. Mais quand Fern et ses amies sont enlevées, et qu’on leur dit qu’on leur a menti depuis le début, la jeune fille ne sait plus qui croire … Et si toute sa vie n’avait été qu’un mensonge ?

Si vous avez l’habitude de lire des dystopies, l’intrigue de celle-ci ne vous surprendra pas forcément. Nous sommes dans un futur plus ou moins proche, où un organisme dirige les populations, jusqu’à ce qu’on apprenne que peut-être il y aurait eu mensonge, mais heureusement, un groupe d’opposants oeuvre en secret. Bon, on va dire que c’est le jeu, on l’accepte. J’ai bien aimé le côté « manipulation génétique », qui nous fait réfléchir sur ce monde, ces enfants que l’on voudrait parfaits, et finalement, pas si uniques : pas le droit à l’erreur dans cette école. Par certains côtés, ça m’a fait penser au roman les effets du hasard de Marie Leymarie, où l’imprévu n’avait pas sa place.

Vu les avis que j’avais lu, j’avais peur de ne pas du tout accrocher. Finalement, j’ai quand même passé un bon moment même si ce n’est pas la lecture du siècle : on a envie de savoir ce qui se passe pour Fern, ce qui se cache derrière tous ces doutes. Et puis, j’ai bien apprécié la construction : on navigue entre passé et présent, afin de comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire, des personnages croisés. Ca crée un petit suspens : on est obligés d’attendre le bon vouloir de Fern pour en apprendre davantage sur son histoire.

Toutefois, je n’ai ressenti aucune affinité pour Fern. Bien que le roman soit écrit à la première personne du singulier, j’ai trouvé qu’elle maintenait une distance, j’ai eu du mal à la cerner, elle est trop passive. En fait, en général, j’ai trouvé que les personnages manquaient de profondeur, mais c’est aussi le cas de l’intrigue : on apprend pas mal de choses, mais l’auteure ne creuse pas. On a des opposants, mais ils sont trop peu présents, j’aurais aimé en savoir davantage : qui sont-ils, quelles actions mènent-ils, etc. Je pense qu’avec un tel sujet, il y aurait eu matière à développer. Autre point qui m’a un peu gênée : l’écriture. J’ai trouvé le style plat, lent. J’ai d’ailleurs regretté qu’on ait pas plus de suspens, de surprises, on n’a pas un rythme haletant. Je suis tout de même allée au bout de ma lecture sans problème, car finalement le roman est assez court. Par contre, la fin m’a un peu laissée dubitative : si j’apprécie ne pas avoir affaire à une énième trilogie, j’aurais aimé une fin un peu plus définitive. Mais Georgia Blain étant décédée en décembre dernier, je ne sais pas si elle avait prévu quelque chose d’autre ou pas.

Au final, je ressors mitigée de ma lecture. C’est un roman divertissant, qui fait réfléchir, mais qui aurait mérité que l’intrigue soit davantage développée.

 

Merci aux éditions Casterman pour la confiance et la découverte !

Une si charmante verrue sur le nez – André Bouchard

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Éditeur : Seuil Jeunesse

Parution : 5 octobre 2007

Genre : Jeunesse

 

Résumé : Quand Léon rencontre Gertrude, ce fut le coup de foudre immédiat. Ils vécurent ensemble en consacrant tout leur temps à leurs passions, comme par exemple :

  • lancer des crottes de rats sur les enfants qui jouent dans la rue,
  • faire mijoter la fameuse « soupe aux chats de gouttière et pieds de facteur » (recette jalousement gardée par Gertrude),
  • ébouillanter les oiseaux qui viennent cuicuiter dans l’arbre mort du jardinet,
  • etc.

 

Avis : Mais regardez-moi ce charmant petit album. C’est parfaitement de saison, non ? Aller, suivez-moi, et faites connaissance avec Léon ! Lui, il déteste tout ce qui est mignon, gentil, sympa, et encore plus les gens ! Alors que tout sembler le destiner à finir ses jours seul, le voilà qu’il croisa une sorcière au cheveu gras et filasse, aux dents noirs et aux yeux globuleux, avec une verrue aussi répugnante qu’inesthétique sur le nez. Il n’en fallait pas plus pour qu’il tombe amoureux !

Pendant leur voyage de noce, ils finissent par se décider pour l’Afrique : à eux les bêtes sauvages et les affreux crocodiles ! Manque de pot, ils se retrouvent à côté d’un lion végétarien, d’un éléphant élevé par une vieille duchesse anglais, et enfin, d’une tortue qui ne sortait jamais la tête de la carapace. Autant dire que Léon et et Gertrude ne sont pas ravis-ravis ! D’autant plus que la suite du voyage risque de ne pas du tout se dérouler comme prévu !

 

Au final, un album très drôle dans lequel vous croiserez des méchants amoureux (mais quand même bien méchants). Et en prime, on a quand même une petite morale à la fin !

 

Merci aux éditions du Seuil Jeunesse pour la confiance et la découverte !

A good girl – Amanda K. Morgan

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Éditeur : Lumen

Parution : 5 octobre 2017

Genre : Jeunesse

Titre original : Such a Good Girl

Traductrice : Mathilde Montier

 

Résumé : Ce qu’il faut savoir sur Riley Stone :

  1. Riley Stone est la perfection incarnée. (Demandez autour de vous.)
  2. Elle a un faible pour son prof de français, Alex Belrose. (Qu’elle soupçonne de ne pas être indifférent à son charme.)
  3. La vie entière de Riley est déjà planifiée. (Ce n’est pas négociable.)
  4. Elle a toujours su préserver ses petits secrets. (Toujours.)
  5. Riley est persuadée que sa vie est sur la bonne voie. (Et rien ne pourra y changer quoi que ce soit.)
  6. Elle n’a rien d’une adolescente ordinaire. (Et ne s’en cache d’ailleurs absolument pas.)
  7. Les petits jeux, ce n’est pas vraiment son truc. (Mais s’il faut s’y prêter, elle gagne toujours.)

L’un de ces jeux est sur le point de commencer, elle le sent… Sauf que Riley a un plan. Et elle compte bien l’emporter. Car elle ne perd jamais.

 

Avis : Quand j’ai lu le résumé de ce roman, j’étais très curieuse de le découvrir. Si j’aime beaucoup les éditions Lumen, ce titre ne ressemblait pas à ce que je connaissais déjà de leur catalogue, il n’en fallait pas plus pour m’intriguer. Alors, aussitôt reçu, aussitôt lu !

En apparence, Riley a tout de la fille parfaite. Non contente d’obtenir les meilleures notes dans chaque matière, elle ne sort pas, ne boit pas, ne fume pas, ne fréquente aucun garçon, ne fait rien qui pourrait la faire sortir du chemin qu’elle a déjà tout tracé – d’ailleurs plusieurs universités prestigieuses n’attendent plus qu’elle. Son seul regret : que sa famille ne fasse pas plus attention à elle – excepté son frère qui lui conseille de se lâcher un peu plus. Mais derrière ces apparences, qui pourrait croire que la jeune fille est attirée par le seul garçon qui lui est interdit, son professeur de français ? Une chose est sûre, la reine des apparences a plus d’un tour dans son sac quand il s’agit de cacher leur relation naissante, car il n’est pas question que quiconque soit au courant …

Ce roman, c’est le type de roman qu’on a du mal à lâcher. Les pages défilent à toute vitesse, et on ne voit pas le temps passer. Comme vous l’aurez compris, dans ce livre on parle d’une histoire entre une élève et son professeur – un professeur marié, qui semble pourtant tenir sincèrement à Riley. Pourtant, il fait des promesses, pourtant, tout ne convient pas à la jeune fille. Et puis, soudainement, l’intrigue prend une tournure surprenante, et le rythme s’accélère. A ce moment, assurez-vous d’avoir du temps devant vous, car nous ne voudrez plus lâcher ce roman !

J’étais très curieuse de voir où l’auteure aller nous mener. Généralement, je ne suis pas fan des romans parlant de relation prof/élève, je trouve souvent qu’ils manquent cruellement de réalisme et d’originalité, et puis c’est rare que ça finisse bien. Pourtant, là, j’étais curieuse de voir comment les choses allaient évoluer. Alex n’est pas n’importe qui, car Riley le connaît d’avant : c’est un ancien camarade d’Ethan, son grand frère, avec qui elle a flirté autrefois. J’ai eu un peu de mal à le cerner toutefois : est-ce qu’il est sincère avec la jeune fille (ou disons-le clairement, sa maîtresse) ou joue-t-il avec elle ? Quant à Riley, on sait qu’elle maîtrise les apparences, et joue sur ce côté « jeune fille sage » que connaît tout le monde. Alors joue-t-elle avec lui ? Avec nous ? Une chose est sûre, elle sait ce qu’elle veut … Enfin, j’ai bien aimé ses deux meilleures amies, bien qu’elles passent vite au second plan puisque l’on se concentre davantage sur la relation Alex/Riley.

Une chose est sûre, la fin est bluffante. Si j’avais soupçonné certaines choses, je n’avais pas pensé à tout, et la fin est carrément géniale, diabolique, et terriblement astucieuse. Mon seul petit bémol est que j’aurais tout de même aimé un petit épilogue pour avoir plus d’explications et de précisions sur certains points.

Au final, ce roman a été une bonne surprise. Prenant et haletant, il vous fera passer un excellent moment jusqu’à une fin explosive !

 

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Underground Railroad – Colson Whitehead

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Éditeur : Albin Michel

Collection : Terres d’Amérique

Parution : 23 août 2017

Genre : Littérature étrangère

Titre original : The Underground Railroad

 

Résumé : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord.

De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.

 

Avis : Plus ou moins au moment de sa sortie, j’entendais beaucoup parler de ce roman. En lisant le résumé, j’étais sûre qu’il allait me plaire : j’aime beaucoup les romans qui parlent de cette époque et de ce sujet. Je n’ai donc pas traîné à le lire – même si j’ai dû mettre un mois pour sortir la chronique.

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton. Sa mère – devenue une légende – est la seule à avoir réussie à s’enfuir, sans être retrouvée, abandonnant sa fille derrière elle. Un jour, Caesar, un autre esclave récemment arrivé, propose à Cora de fuir avec lui, et de tenter d’atteindre les Etats libres du Nord. En acceptant, elle signe le début d’une incroyable – et risquée – aventure, d’autant plus que le chasseur d’esclave qui n’a pas réussi à retrouver sa mère a décidé d’en faire une affaire personnelle avec elle, et qu’il ne compte pas abandonner de si tôt. Et quand la jeune fille se pense enfin en sécurité, il ne rôde jamais bien loin … Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin jusque la liberté risque d’être bien compliqué !

Dans ce roman, on suit différents personnages, on fait connaissance avec la grand-mère de Cora, Mabel, Cora-même, mais on suit également d’autres personnages. On voyage entre les époques et les histoires. La construction n’est peut-être pas des plus faciles à suivre, mais pour ma part ça ne m’a pas dérangée. J’ai été prise dans les filets de l’intrigue, et si j’ai trouvé certains passages un peu plus « longs », ce roman m’a bouleversée par ce qu’il véhicule.

J’ai aimé Cora, cette jeune fille qu’on dirait déjà femme. Son combat, sa force, son courage, sa persévérance. Ses espoirs, ces moments où elle peut enfin un peu plus souffler – mais malheureusement jamais très longtemps. Comme je disais plus haut, j’aime beaucoup (c’est un  peu bizarre dit comme ça mais vous voyez ce que je veux dire) les romans parlant de l’esclavage. C’est une période de notre Histoire que je trouve tellement abjecte, horrible. C’est révoltant de voir à quel point l’Homme peut être cruel parfois, et de voir à quel point ces peuples opprimés pouvaient être démunis. Alors, de ma petite place privilégiée, bien au chaud dans mon canapé, en sécurité, je ne pouvais m’empêcher d’espérer pour Cora, pour les siens, pour un instant de répit, un futur meilleur – même si c’est un roman de fiction. Pendant un instant leur combat était le mien, et j’aurais aimé pouvoir faire quelque chose.

« Cora ne savait pas ce que voulait dire « optimiste ». Ce soir-là, elle demanda aux autres filles si elles connaissaient ce mot. Jamais personne ne l’avait entendu. Elle décréta que ça voulait dire « persévérant ». » (page 144)

Je n’avais jamais entendu parler de ce chemin de fer clandestin, l’Underground Railroad, et j’ai beaucoup aimé découvrir cette partie. En réalité, il ne s’agissait pas d’un vrai chemin de fer, mais le choix de Colson Whitehead est intéressant : il donne vie à ce mythique réseau clandestin. En tout cas, ça donne envie d’en savoir plus.

En tout cas, j’espère que vous serez encore nombreux à découvrir – et aimer ce roman, comme je l’ai aimé. J’ai été happée par cette histoire, je n’avais de cesse d’y revenir, comme si j’avais du mal à laisser seule Cora. C’est une histoire poignante, où espoir et fatalité s’affrontent. Un roman qui fait réfléchir, sur l’Histoire, l’humanité.

Au final, vous l’aurez compris, le prix Pulitzer qu’a reçu ce roman était amplement mérité ! J’ai été ravie de pouvoir découvrir ce roman.

 

Merci aux éditions Albin Michel pour la confiance et la découverte !

 

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