Le tueur de l’ombre – Claire Favan

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Éditeur : Pocket

Parution :

Genre : Thriller

 

Résumé : Un coup de téléphone, en pleine nuit. Et le cauchemar qui recommence…

R.J. Scalon, profiler au FBI, croyait en avoir fini avec Will Edwards. Mais en quittant la route, le fourgon qui transportait le plus terrible serial killer de ces dernières années a libéré la bête…

R.J. en est certain : Samantha – qui partageait jadis la vie de Will – et lui seront les prochains sur la liste. Mais quand les meurtres reprennent, plus cruels que jamais, de subtiles variations dans la signature du dément sont perceptibles.

Ont-ils affaire à un imitateur ? Non, bien pire…

 

Avis : L’été dernier, j’ai découvert Le Tueur Intimepremier volet de ce terrible jeu du chat et de la souris entre RJ, profiler et Will Edwards, serial killer de la pire espèce. Un premier tome (parce que oui, c’est quand même bien de le lire avant celui-ci) aussi glaçant que génial.

Alors qu’à la fin du premier tome on pensait que nos deux tourtereaux pourraient enfin souffler un peu, RJ reçoit LE coup de téléphone qu’il a toujours redouté au fond de lui : Will Edwards s’est échappé lors d’un transfert, alors que le profiler et Samantha s’apprêtent à devenir parents. Bien décidé à protéger sa famille, RJ est prêt à tout pour retrouver le monstre qui l’a torturé des mois plus tôt. Mais Will ne semble pas décidé à se laisser capturer une nouvelle fois, et très vite les meurtres reprennent, plus terribles que jamais, avec toutefois de légères variations qui inquiètent les enquêteurs. RJ parviendra-t-il à l’arrêter avant qu’il ne commette l’irréparable ? Ou est-il sur le point de tout perdre ? Car une chose est sûre, Will n’a jamais oublié Samantha …

Est-ce que c’est un peu sadique si je dis que c’était un plaisir de retrouver la plume de Claire Favan ainsi que les personnes du Tueur intime ? Même si un an s’est écoulé (fiou, que ça passe vite !), j’avais hâte de connaître la suite de l’histoire et d’enfin savoir comment les choses allaient finir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue !

J’ai retrouvé cette ambiance anxiogène, cette angoisse sourde, ce désespoir qui transparaît chez RJ qui – disons-le clairement – rame pendant une bonne partie du roman pour trouver la moindre piste, et qui ne cesse de faire monter la tension tout au long du récit. Encore une fois, Claire Favan est machiavélique, terriblement ingénieuse, et je me suis encore faite avoir par une révélation que je n’avais absolument pas vue venir. Et waouh, quelle claque ! Je suis retournée quelques pages en arrière pour tenter de trouver quelques indices, mais non, rien, pas le moindre faux pas.

Je ne vais pas trop en dire sur l’intrigue en elle-même pour ne pas vous spoiler si jamais vous souhaitez le lire un jour. Le rythme est assez lent, mais en même temps il faut que les choses se mettent en place, et je trouve que ça donne une ambiance particulière, c’est vraiment stressant, on se demande si les enquêteurs vont finir par trouver une piste. Et puis, les parties où l’on découvre le nouveau quotidien de Will sont assez glaçantes, je dois dire ! Parce que oui, on ne fait pas que suivre RJ …

Du point de vue des personnages, j’ai préféré le côté « enquête » que les parties centrées sur le couple formé par RJ et Samantha. Notamment parce qu’ils m’ont assez agacée. Les deux font des erreurs, mais … RJ est obnubilé par le fait de stopper un serial killer, donc je dirai que ça atténue un peu, que Samantha m’a assez déçue par un choix qu’elle fait. M’enfin !

Au final, une suite à la hauteur de mes attentes, et même plus. Une ambiance à couper le souffle, angoissante à souhait, et surtout, encore une fois, Claire Favan nous emmène où elle veut, et nous, naïfs et subjugués, on ne peut que suivre. En tout cas, si vous ne connaissez pas encore cette autrice, foncez : cette nouvelle lecture ne fait que confirmer sa place dans mon top de meilleurs auteurs de thrillers !

 

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Pour découvrir ce roman, c’est par ici !

 

De la même autrice :

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Dividing Eden, tome 1 – Joelle Charbonneau

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Éditeur : Milan

Parution : 6 juin 2018

Genre : Young Adult, fantastique

Traduction : Amélie Sarn

Titre original :

 

Résumé : Lorsque leur père le roi et leur frère aîné meurent, les jumeaux Carys et Andreus doivent s’affronter dans une série d’épreuves pour déterminer lequel des deux régnera sur le royaume d’Eden.

Eux qui n’ont jamais pensé à accéder au pouvoir et qui ont passé toute leur vie à se protéger mutuellement se retrouvent en concurrence pour la première fois. Andreus bénéficie dusoutien du Conseil, Carys de celui du peuple. Impossible a priori de les départager, mais, dans l’ombre, chacun intrigue pour voir son favori monter sur le trône.
Malgré leur attachement, s’engage une bataille sans merci entre le frère et la sœur.

Jusqu’où sont-ils capables d’aller pour obtenir la couronne ? Peuvent-ils continuer à se faire confiance ? Doivent-ils écouter les conseils de ceux qui, prétendument pour leur bien, les éloignent l’un de l’autre ?

 

Avis : Je me suis lancée dans ce premier tome un peu comme ça, sans attente particulière si ce n’est passer un bon moment. D’ailleurs, je n’avais jamais lu de roman de cette autrice, et si j’étais très curieuse de la découvrir, j’avais un peu peur de ne pas connaître l’engouement qu’elle suscite généralement. Au passage, je trouve la couverture vraiment très belle et représentative de l’intrigue !

Depuis toujours Carys a tout fait pour protéger Andreus, son frère jumeau, sur lequel semble planer une malédiction depuis sa naissance – malédiction dont peu de gens sont au courant. Toutefois, quand leur père – le roi du royaume – et leur frère aîné meurent brutalement, Carys et Andreus se retrouvent tous deux engagés dans une série d’épreuves visant à déterminer lequel d’entre eux régnera sur le royaume d’Eden. Peu à peu, leur belle entente laisse place à des moments de doutes, et une bataille sans merci s’engage. Jusqu’où seront-ils prêts à aller pour régner ?

J’ai dé-vo-ré ce premier tome. Si j’ai accroché dès les premières pages, le rythme, la tension s’accentuent au fur et à mesure, quand commencent les épreuves, puis quand il devient évident que les choses ne se passeront pas comme les jumeaux l’avaient initialement prévu.

J’ai beaucoup aimé Carys, ses valeurs, son intelligence, son caractère, son abnégation pour son frère. Pleine de qualités, de capacités, elle se met en retrait, n’hésitant pas à se ridiculiser pour le bien d’autrui. Elle seule va soupçonner que la disparition de son frère et de son père ne seraient pas dues à l’ennemi attendu. Jusqu’au bout, elle va tout faire pour son frère, même quand celui-ci, aveuglé par la haine, ne pensera plus qu’au but qu’il s’est fixé. J’ai d’ailleurs eu beaucoup plus de mal avec ce dernier, Dom Juan sans étoffe, si facilement manipulé (ce qui est très agaçant quand on voit tout ce que sa sœur a fait ou fait encore pour lui) quand il pense avec son z*** oublie de penser avec sa cervelle, il devient exécrable.

Au-delà du personnage de Carys, j’ai beaucoup aimé l’univers, même si j’aurai aimé en savoir plus encore – notamment sur leur culte des Vents, les mystérieuses bêtes, ou encore les ennemis du royaume. Le roman se lit tellement vite que ça ne m’aurait pas dérangée d’en avoir un peu plus. Surtout, j’ai aimé les rebondissements parfois inattendus, l’ambiance, ces complots, ces trahisons, le fait de ne pas savoir à qui l’on peut faire confiance (ça me rappelle un peu les ambiances à la Game of Throne où l’on finit par se méfier de tout le monde) – il y a d’ailleurs certains personnages que je n’arrive toujours pas à cerner à la fin de ce premier tome, mais c’est sûrement mon côté parano ! Par contre, je rejoins certaines chroniques, j’avais vu venir de très loin d’une des menaces, ce qui ne m’a pas empêchée comme dit plus haut d’être surprise par les autres révélations.

En bref, si vous ouvrez ce roman, vous trouverez complots, trahisons, mensonges, mystères, rivalités : tous les ingrédients d’un premier tome sombre, addictif et captivant. Même si tout n’est peut-être pas parfait, j’ai passé un excellent moment, et j’ai très envie de découvrir la suite. Du coup, je me laisserai bien tentée par Elite de la même autrice en attendant le second volet !

 

Un grand merci aux éditions Milan et à PageTurners pour la confiance et la chouette découverte ! 

 

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Agatha Raisin enquête, tome 10 : Panique au manoir – M. C. Beaton

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Éditeur : Albin Michel

Parution : 7 mars

Genre : Policier

Traductrice : Françoise Du Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the fairies of Fryfam

 

Résumé : Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent tout naturellement sur Agatha, dont le conte de fées vire au cauchemar…

 

Avis : Pendant mes vacances, j’ai embarqué avec moi la 10ème aventure de notre chère Agatha Raisin, elle-même désireuse de prendre un peu de recul et d’oublier un peu son James. Et puisqu’une voyante lui a prédit qu’elle trouverait l’amour dans le Norfolk, la voilà qui s’installe pour quelques temps à Fryfam, où elle commence l’écriture de son tout premier roman. Mais quand un meurtre a lieu, suivant étrangement le déroulement de son texte, Agatha réalise que les choses seront encore une fois loin de tout repos, surtout si elle ne veut pas finir derrière les barreaux !

Toujours aussi têtue et impulsive, Agatha est donc partie s’enterrer dans un charmant petit village, pourtant bien trop calme à son goût. Enfin, excepté les étranges lumières qui s’agitent de temps en temps au fond de son jardin et qui semblent être l’effet de fées – à en croire ses nouvelles amies. Mais quand un vol, puis un meurtre ont lieu, Agatha est bien décidée à reprendre du service – d’autant plus que Charles ne tarde pas à la rejoindre pour reformer leur duo d’enquêteurs.

C’est toujours un plaisir de retrouver les personnages de M. C. Beaton, même si bien sûr, il y a des tomes plus ou moins réussis ou à l’enquête plus ou moins trépidante. Mais j’aime cette ambiance so british, l’humour, j’aime les coups de fil à Mrs Bloxby, sa relation avec James qui devient presque ridicule au fur et à mesure ainsi que celle avec Charles – même si à force on a un peu l’impression que ça tourne en rond !

Une fois fini, j’ai juste hâte de lire la suite, surtout qu’on a encore une fois une fin pour le moins intéressante (même si, personnellement, je le sens mal pour Agatha et j’ai un peu peur qu’on ne tourne en rond !).

 

Un grand merci aux éditions Albin Michel pour la confiance et l’envoi !

 

Dans la même série :

Le maître des livres, tome 1 – Umiharu Shinohara

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Éditeur : Komikku

Parution : 28 août 2014

Genre : Manga

Traducteur : Fabien Nabhan

 

Résumé : A la bibliothèque pour enfants « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.

Une histoire passionnante centrée sur la littérature et Mikoshiba, le « sommelier du livre pour enfants ».

 

Avis : J’ai découvert ce manga au moment de sa sortie, il y a quasi 4 ans (déjà !!) : forcément, avec un tel titre, je ne pouvais que m’intéresser à cette histoire ! Ça fait un petit moment que j’ai envie de reprendre cette série, et ayant envie d’une histoire douce, cocooning, mais aussi de bulles, je me suis dit que c’était le moment de retrouver un univers familier !

Un beau soir, un jeune homme découvre en plein milieu d’un parc une bibliothèque pour enfants. Intrigué, il rentre, et fait la connaissance d’un curieux bibliothécaire, pas franchement accueillant, mais qui fini par lui conseiller un livre à lire. Une lecture qui va faire réfléchir Miyamoto sur sa vie, sa relation au boulot, à ses parents, et très vite, il va devenir un usager régulier de la bibliothèque et rencontrer de nouvelles personnes, dont on va aussi découvrir les histoires.

J’ai beaucoup aimé retrouver ce manga, cette ambiance, ces personnages et leurs histoires. J’aime beaucoup Mikoshiba, le bibliothécaire grincheux en apparence, et pourtant si attentif, si passionné (et passionnant !), si attachant au final. On a envie d’en savoir davantage sur lui (surtout après avoir découvert comment lui-même s’est retrouvé petit à aller à la bibliothèque). Et puis, il s’est fait le fervent défenseur de livres dits pour enfants, qui ont tout autant de messages à apporter aux adultes. Comme il dit :

« La réalité est qu’il n’y a pas d’âge pour apprécier un livre » (page 81)

Et qu’est-ce que je suis d’accord avec lui ! Bien sûr, il présente pas mal de classiques, certains que nous, de chez nous, on ne connaît pas, mais il y a aussi certains titres qui vous parleront : « le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » de Selma Lagerlöf ou « l’Île au trésor » de Stevenson – ce dernier a d’ailleurs toujours eu une place particulière dans mon cœur, et j’ai adoré le redécouvrir avec mes yeux d' »adulte » il y a quelques années pour mes études. C’est un des côtés que j’aime dans ce manga, cet amour pour les livres, pour ce qu’ils peuvent apporter, et notamment la littérature jeunesse, souvent dépréciée (notamment quand c’est un adulte qui en lit), alors que je la trouve tellement importante, pour la construction de l’enfant, pour les messages et les enseignements qu’elle peut comporter.

J’aime aussi l’idée qu’on ne tombe pas sur un livre par hasard, qu’un livre peut nous offrir un message, une solution, une réflexion. Et c’est ce que l’on voit au travers l’histoire de différents personnages, Miyamoto, Shôta, la propriétaire de la bibliothèque, la maman de Léo. J’ai une préférence pour les deux premiers que je trouve particulièrement attachants. Et puis j’ai été sensible au discours de Mikoshiba, à la mission qu’il se donne en tant que bibliothécaire face aux usagers, de toujours trouver LE livre qu’il faut pour des gens parfois un peu moins … faciles que d’autres : j’y retrouve aussi un peu mon quotidien de libraire.

Enfin, les dessins sont plutôt chouettes et collent bien à l’univers du manga, ils rendent le tout facile d’accès et peuvent toucher différents publics.

Vous l’aurez compris, c’est une série que je vous recommande, surtout si vous aimez les livres, les bibliothèques, les lieux animés d’une âme, et puis, qui sait, peut-être que ça vous donnera aussi envie de (re)découvrir quelques chefs-d’œuvres de la littérature jeunesse !

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

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Éditeur : Le livre de poche

Parution : 4 octobre 2017

Genre : Littérature française

 

Résumé : Justine, vingt et un ans, vit chez ses grands-parents avec son cousin Jules depuis la mort de leurs parents respectifs dans un accident. Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite, et aime par-dessus tout les personnes âgées. Notamment Hélène, centenaire, qui a toujours rêvé d’apprendre à lire. Les deux femmes se lient d’amitié, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre. Grâce à la résidente, Justine va peu à peu affronter les secrets de sa propre histoire. Un jour, un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et fait une terrible révélation.
À la fois drôle et mélancolique,  un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes.

 

Avis : J’entends parler de ce roman depuis pas mal de temps, mais comme toujours je suis une peu frileuse quand il s’agit d’un roman encensé par les critiques/blogueurs. Et puis, j’avoue, avec ma PAL qui déborde de tous les côtés, j’ai parfois tendance à privilégier les services presse ou des lectures pour le boulot. Bref, il était plus que temps de découvrir par moi-même ce roman, et rien de tel que les vacances pour se faire plaisir !

Justine, orpheline de 21 ans, travaille comme aide-soignante dans une maison de retraite. Si elle aime écouter ses pensionnaires, celle qui la passionne le plus, c’est Hélène, sa vie, sa rencontre avec Lucien, la guerre, sa mouette. Et puis, à force d’écouter l’histoire des autres, Justine commence à se dire qu’il serait peut-être temps qu’elle connaisse aussi sa propre histoire. Mais est-on jamais prêt à découvrir de terribles secrets ? En parallèle, un drôle de corbeau sévi à la maison de retraite, semant le trouble parmi le personnel soignant mais réjouissant les pensionnaires.

Ah ce roman. Quelle découverte. Quelle claque ! Je ne vais pas me fustiger en me demandant pourquoi je ne l’ai pas lu plus tôt, parce que je pense que chaque lecture a son moment (et puis, surtout, le principal c’est de l’avoir enfin lu !), mais quand même, dire que j’aurai pu passer à côté !

Ce roman, c’est un petit bijou précieusement ciselé. Un diamant brut, posé délicatement dans un écrin (oui, j’ai peut-être pris un peu trop le soleil pendant ma lecture, allez savoir !). J’aime quand un roman me fait ressentir quelque chose, de la joie, de la tristesse, de la colère, peu importe, tant qu’il ne me laisse pas indifférente. Et là, qu’est-ce j’ai pu ressentir d’émotions différentes ! De la tendresse, de l’amour pour ces personnages, pour Justine, pour Hélène. De l’injustice, de la tristesse, de la colère, pour cette guerre, ses injustices, ses conséquences, ses mensonges. Et encore toute une palette bien complexe pour l’histoire de Justine. Si l’intrigue en elle-même est parfaite, elle est encore sublimée par l’écriture de Valérie Perrin. Une écriture visuelle, cinématographique, mais aussi profonde, subtile, douce, poétique. Les passages d’Hélène sont d’ailleurs peut-être bien mes préférés pour tout ce qu’ils renferment.

On navigue entre passés et présents. J’en parle au pluriel, car on a le passé d’Hélène, sa rencontre avec Lucien, la guerre, l’après, qui se déroule petit à petit, de temps en temps. Le passé de Justine, ou plutôt celui de ses parents, de ses grands-parents. Qui pareil, se dévoile petit à petit, créant une tension, un suspens, qui finalement ne pourra jamais nous préparer à la brutalité d’une réalité toute crue. Et puis on a le présent de Justine, cette jeune fille qui jusque-là justement ne voulait vivre que dans le présent, pas d’attaches, pas de projets. Le quotidien d’une aide-soignante, mais aussi d’une sœur, d’une petite-fille, d’une jeune femme de 21 ans qui aime sortir et faire la fête. Et puis ce corbeau, qui ne sème ni terreur ni tristesse, mais met un peu de baume au cœur à ces oubliés du dimanche.

J’ai adoré ce roman. Deux histoires poignantes, bouleversantes, où le poids des secrets, des non-dits devient écrasant. Et au milieu, Justine, terriblement humaine, accessible, attachante.

Vous l’aurez compris, cette lecture a été un incroyable coup de cœur, et encore, je trouve le mot trop faible ! Merci Valérie Perrin !

L’anti-magicien, tome 1 – Sébastien de Castell

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Éditeur : Gallimard Jeunesse

Parution : 17 mai 2018

Genre : Young adult, Fantasy

Traduction : Laetita Deveaux

Titre original : Spellslinger

 

Résumé : Kelen, 16 ans, est l’héritier d’une des grandes familles qui se disputent le trône de la cité. Il prépare son premier duel pour devenir mage. Mais ses pouvoirs ont disparu. Il doit ruser… ou tricher, quitte à risquer l’exil, voire pire.
Ses seuls soutiens, deux acolytes explosifs: Furia, la vagabonde imprévisible et Rakis, un chacureuil féroce et acerbe.

 

Avis : Encore un roman des éditions Gallimard Jeunesse que j’étais très curieuse de découvrir, ne serait-ce que parce que j’avais déjà entendu parler de son auteur – sans avoir encore sauté le pas jusqu’à présent. J’ai été bien inspirée, car aussitôt commencé, aussitôt fini !

Kelen, presque 16 ans, fait partie de l’une des plus puissantes familles de la cité. Alors que sa jeune sœur semble exceller en magie, ses pouvoirs semblent peu à peu le déserter. A l’aube de passer son premier duel pour devenir mage, peu de choix s’offrent à lui, s’il ne veut pas devenir simple domestique parmi les siens. Mais une chose est sûre, il n’aurait jamais cru que sa décision le mènerait si loin …

Ah Kelen, Kelen ! Ado naïf, parfois un peu trop égocentrique, et pourtant, tellement rusé quand il le veut ! Anti-magicien, anti-héros, il manque terriblement de confiance en lui (bon, quand tes pouvoirs t’abandonnent, quand tu n’arrives plus à lancer le moindre sort, même basique, je peux comprendre que ça t’en fiche un coup !) et cela se ressent souvent. Pourtant, il ne manque ni d’intelligence ni de courage car il le veut bien 😛 Si je l’ai trouvé attachant, j’ai également apprécié le fait que sa pensée évolue, qu’il ouvre les yeux, et réalise qu’il y a parfois plus d’une réponse, plus d’un chemin à prendre. Un récit initiatique qui le poussera plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer. Et puis, Kelen va se retrouver plus ou moins malgré lui à faire un partenariat avec Rakis, un chacureuil à la langue acérée. Un duo improbable mais qui nous donne tellement d’occasion de sourire (merci Rakis et ses répliques cinglantes). Enfin, il y a Furia, une sorcière vagabonde mystérieuse qui n’a, elle non plus, pas sa langue dans sa poche, et qui, surtout, est une femme qui ne se laisse pas faire, qui sait ce qu’elle veut. Une femme forte, féministe, courageuse, qui aura bien des choses à apprendre à Kelen. Quant à la famille de ce dernier, sa sœur m’a pas mal agacée – surtout au début – ainsi que son père. J’ai préféré son oncle … et j’ai plutôt été déçue de son meilleur ami.

Et puis, on retrouve tous ces personnages dans une intrigue dynamique, pleine de surprises, d’actions, de rebondissements (dont certaines choses qu’on ne voit pas venir). J’ai adoré ce premier tome, dont les pages se sont tournées à toute vitesse (vous n’imaginez pas ma joie de voir que la suite sort en septembre et qu’il ne faudra pas attendre x mois/années !). J’ai vraiment trouvé ce roman captivant, addictif. Bien sûr, on retrouve tous les ingrédients qu’il faut : de la magie, un univers intéressant, des complots, des secrets, de l’action, des révélations, mais le tout est bien mené, bien dosé, et surtout, surtout, arrosé d’une bonne dose d’humour : c’est génial.

En bref, vous l’aurez compris, ce premier tome plein de punch et d’humour est un joli coup de cœur pour moi. Je suis ravie d’avoir enfin pu découvrir la plume de Sébastien de Castell !

 

Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour la confiance et la découverte !

Irena, tome 1 : le Ghetto – Morvan, Evrard, Tréfouël, Walter

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Éditeur : Glénat

Parution : 4 janvier 2017

Genre : BD, jeunesse

 

Résumé : C’est l’histoire d’une femme ordinaire qui réalisa quelque chose d’extraordinaire, dans ses circonstances insensées, pendant une période effroyable.

 

Avis : Ce que j’aime, dans mon métier de libraire, ce sont les échanges avec les clients. Bien sûr, souvent on nous demande un renseignement, un avis. Mais, il y a aussi ces clients qui (re)viennent pour nous parler de l’un de leurs coups de cœur, qui a leur tour nous conseille un titre qui était jusque là passé inaperçu. Il y a quelques semaines, il y a cette personne qui m’a parlé de la série Irena, avec de tels mots que je ne pouvais pas passer à côté, alors qu’à tort, je ne m’étais pas arrêtée sur ce titre lors de sa sortie.

Ce premier tome nous emmène tout droit en mars 1941, au Ghetto de Varsovie. Irena travaille pour le département d’aide sociale, et vient quotidiennement au ghetto pour soigner, apporter de la nourriture, soulager un peu ces juifs cloîtrés derrière ces murs. Un beau jour, une femme très malade lui demande de s’occuper de son fils après sa mort. Irena doit-elle accepter, quitte à mettre en danger la vie de ses collègues ? Peut-elle réellement accepter de sauver cet enfant, mais pas les autres ?

Vous l’aurez compris, on va parler ici des atrocités commises pendant la Seconde Guerre Mondiale, à travers un personnage qui a réellement existé, qui a réussi à sauver près de 2500 enfants du Ghetto de Varsovie, et qui a été déclarée « Juste parmi les nations » en 1965.

Tout d’abord, cette BD se lit très vite. Certaines cases n’ont même pas de texte, et ce sont, au final, peut-être les plus bouleversantes, les moments les plus forts. Et les souvenirs, les rêves, les espoirs, et les désillusions des enfants du ghetto ont largement le temps de nous serrer le cœur. L’inhumanité de certains partisans du Fürher – je pense notamment à l’Obersturmführer qui m’a juste donné envie de vomir à plusieurs reprises – crève le cœur, et l’on se sent tellement impuissants face à ces actes atroces perpétrés à l’époque. Je n’ose même pas imaginer ce que ces gens ont pu ressentir.

A la base destiné à la jeunesse, cet album pourra sans souci être lu par des adultes. Si les illustrations sont de prime abord « mignonnes », enfantines, naïves, elles sont également pleines de sensibilité, et surtout, cela n’enlève rien à la dureté et à l’atrocité des faits commis. La méchanceté gratuite, le meurtre de sang froid, la torture, mais aussi les pillages du Reich, triste réalité dont les jeunes entendront sûrement parler au collège. Surtout, Irena Sendlerowa est un nom dont je n’avais pour ma part jamais entendu parler (ou alors ça ne me dit plus rien), et je pense qu’il est important, essentiel, de connaître, de se souvenir de ces personnes héroïques qui ont risqué la vie pour en sauver d’autres.

Au final, une bande dessinée bouleversante, qui prend aux tripes, mais terriblement essentielle. Même si je risque encore d’user plus d’un Kleenex, une chose est sûre, il faut que je découvre la suite.

Emily Brontë, Une vie – Denise Le Dantec

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Éditeur : l’archipel

Parution : 11 avril 2018

Genre : biographie

 

Avis : Dans ma vie de lectrice, différents romans m’ont marquée, à différents moments, pour différentes raisons. Parmi ceux-là, il y a les romans des soeurs Brontë, et plus particulièrement « les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë, qui n’a jamais cessé de me fasciner.

Quand je me prends de passion pour un roman, d’autant plus de littérature dite classique, j’aime en savoir plus sur sa genèse, son contexte, son auteur, ses sources d’inspiration, etc. D’autant plus que contrairement à ses soeurs et pour mon grand malheur, Emily ne sera l’auteure que d’un seul roman. Pourtant, si j’ai déjà lu quelques articles par-ci par-là, j’avoue que je n’avais pas encore lu d’ouvrage plus complet consacré à cette auteure. D’ailleurs, dans quelques jours, le 30, nous fêteronts le bicentenaire de sa naissance !

J’ai trouvé ce livre riche, bien documenté, et complet. Complet car au final il ne parle pas exclusivement d’Emily, mais prend bien le temps de replacer le contexte, la vie de ses parents, mais aussi la vie de ses frères et soeurs. J’ai ainsi découvert le destin tragique de ses deux soeurs aînées – et oui, il n’y a pas eu que Charlotte, Emily, Anne ou Branwell – mais aussi découvert avec beaucoup de curiosité les rapports qu’entretenait Emily avec les siens. Et puis, on découvre ses angoisses, son caractère, qui elle était.

Ainsi, grâce à ce livre, on en apprend beaucoup sur la vie de cette grande auteure. On a même quelques poèmes, réflexions, extraits de lettres. Denise Le Dantec a réalisé un excellent travail, et le temps de quelques heures de lecture, on a presque l’impression d’être avec Emily, dans ces landes si chères à son coeur. Inutile de vous dire que suite à ça, j’ai envie de me replonger pour la énième fois dans « les Hauts de Hurlevent » !

 

Un grand merci aux éditions de l’Archipel pour la confiance et la découverte !

Charisma – Jeanne Ryan

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Éditeur : Robert Laffont

Collection : R

Parution : 7 juin 2018

Genre : Young adult

 

Résumé : Prêt(e) à tout pour devenir populaire ?

Aislyn est d’une timidité maladive : impossible pour elle de prendre la parole en public, et c’est encore pire quand il s’agit de discuter avec un garçon…

Alors quand on lui propose du Charisma, drogue de thérapie génique supposée la guérir, elle n’hésite pas bien longtemps. Du jour au lendemain, la voilà devenue charmante et populaire.

Mais Aislyn n’est pas la seule à avoir subi l’injection, et il s’avère que ce traitement miracle a de terribles effets secondaires…

 

Avis : Aislyn est le genre de fille qui a tout pour plaire : belle, intelligente, elle pourrait faire partie de ces gens populaires, si elle ne souffrait pas d’un mal terrible, la timidité. Du genre à vous clouer sur place, à ne plus savoir quoi dire, du genre à se ridiculiser lors d’un concours face à un jury, alors que gagner pourrait pourtant lui assurer une jolie bourse pour l’université. Alors quand l’une des chercheuses qui suit son jeune frère, atteint de mucoviscidose, lui propose un tout nouveau traitement pour venir à bout de cette timidité maladive et devenir beaucoup plus sociable, la jeune fille n’hésite pas longtemps avant de sauter le pas. Sans imaginer une seule seconde qu’elle n’est pas la seule à avoir pris ce traitement, ni que les effets secondaires pourraient avoir des conséquences plus que néfastes sur leur organisme …

Ce roman est le premier que je lis de l’auteure, bien que j’ai Addict dans ma PAL depuis … 4 ans et demi ? il serait peut-être temps que je me secoue ! Je ne savais donc pas du tout si j’allais accrocher à la plume, à l’univers de Jeanne Ryan, mais en même temps le sujet m’intriguait énormément ! Ah, si au lycée on m’avait proposé ce genre de traitement, je crois que j’aurai foncé sans hésité ! Alors que pour certains des choses simples du quotidien semblent si faciles, les personnes timides n’ont vraiment pas la vie simple – surtout quand des camarades aiment bien se moquer d’eux !

Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce que le début aille si vite, dans le sens où généralement dans les romans ados, le temps de poser le décor, d’arriver à ce qu’annonce le résumé, ça met parfois quasiment les 3/4 du roman et là, hop, dénouement et fini, on manque parfois de surprise ou de substance. Ici pas du tout, on arrive vite à ce que nous avait promis le résumé, mais le roman va plus loin encore. Ça a été une agréable surprise, et j’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher : j’avais envie de savoir comment les choses allaient tourner, si un antidote allait être trouvé, mais aussi voir comment Aislyn ressortirait de cette épreuve, ses conséquences, etc.

J’ai beaucoup aimé les problématiques que soulève ce roman : les avancées de la médecine, cette idée qu’en modifiant certains gênes on pourrait se débarrasser de ces comportements qui (nous) gênent (ahah, c’était facile). Avec les questionnements que cela comporte : est-ce que je serai toujours la même si j’étais plus ceci ou moins cela ? Est-ce que ma vie aurait été la même, mes choix, mes amis, si je n’avais pas été cette fille mais plutôt une autre ? On a également la question de la popularité, du « plaire à l’autre », quitte à ne plus être soi-même. Les dérives de la presse aussi, qui n’hésite pas à montrer du doigt, à traquer pour sortir son sujet, sans vraiment se soucier des impacts sur les personnes concernées.

Si certaines choses restent prévisibles (dont le « gros » rebondissement que j’attendais depuis pas mal de temps), j’ai trouvé ce roman original et bien mené. On a pas mal d’explications plus scientifiques, alors bon, ok, je n’y connais rien, mais j’ai trouvé que ça rendait le tout plus crédible. Le rythme est prenant, addictif, puisqu’au final, c’est une véritable course contre la montre qui s’engage pour Aislyn et ses amis, dont certains n’en réchapperont pas.

En bref, une belle découverte, un roman haletant, qui frise avec le thriller, mais aussi qui fait réfléchir.

Piégés sur le bateau maudit – 3h pour t’en sortir – Hubert Ben Kemoun

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Éditeur : Flammarion Jeunesse

Parution : 2 mai 2018

Genre : Jeunesse

 

Résumé : « Ici, le poste de commande. Tous les passagers et le personnel de bord doivent se munir immédiatement de gilets et rejoindre les embarcations de sauvetage. Immédiatement… »

Un souffle de panique total se répandit sur le bateau. Un ferry du matin. Une traversée tranquille. Des passagers endormis, sauf un, aux aguets. Un capitaine aguerri et son second tourmenté. Des plongeurs en vacances et une jeune serveuse ballottée par la vie. Personne sur ce bateau n’imagine qu’il a mis le cap sur l’enfer…

 

Avis : Ce roman fait partie d’une série écrite par Hubert Ben Kemoun et reprenant grosso modo le même principe : une situation qui de base pourrait sembler banale, jusqu’à ce que le hasard, le destin s’en mêlent et compliquent tout, entraînant les personnages dans une spirale infernale et tragique. A savoir que ces romans sont totalement indépendant les uns des autres, et n’ayant pas lu les deux précédents, je n’ai eu aucun problème à comprendre celui-ci !

Un ferry s’apprête à effectuer sa première traversée du jour. Quelque chose qu’il fait tous les jours, sans jamais le moindre problème jusque là. Une routine bien huilée donc. C’était sans compter sur un passager un peu différent de ceux qui prennent habituellement place à bord du ferry, mais également le hasard qui s’en mêle …

Je vous le dis tout de suite, ce roman est juste génial ! Les choses se mettent en place petit à petit, faisant monter la tension à chaque nouveau chapitre / créneau horaire. On sait qu’il va se passer quelque chose, qu’après ces trois heures rien ne sera plus jamais comme avant pour nos personnages, sans avoir aucune certitude sur qui s’en sortira ou pas. C’est génial ! De ce fait, les pages défilent à toute vitesse et on ne voit vraiment pas le temps passer, d’autant plus que les chapitres sont assez courts. Pourtant, on a quand même le temps de découvrir l’histoire de nos personnages et de s’attacher à certains !

En bref, un roman haletant, addictif, qui se dévore à toute vitesse ! Une tension omniprésente jusqu’à un final explosif. Personnellement, j’ai juste envie de lire les autres maintenant !

 

Un grand merci aux éditions Flammarion pour la confiance et la découverte !