Qui es-tu Alaska ? – John Green

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Éditeur : Gallimard Jeunesse

Collection : Pôle fiction

Parution : 4 novembre 2016

Genre : Young Adult

Traduction : Catherine Gibert

Titre original : Looking for Alaska

 

Résumé : Miles Halter a seize ans mais n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire: ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l’insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante.

 

Avis : J’ai entendu parler de John Green pour la première fois il y a des années (fin 2013 je crois), par une copine de forum, Pauline, qui dans mon souvenir avec eu un coup de cœur pour Qui es-tu Alaska (ou en tout cas avait bien aimé), pourtant à ce moment, le résumé ne m’avait pas vraiment tentée. Il faut dire qu’à l’époque, je (re)découvrais tout juste la littérature jeunesse. Et puis je suis devenue libraire, et ce livre faisait parti de ceux qu’on a « pas besoin de lire pour vendre », notamment grâce au succès de « Nos étoiles contraires« , dont la thématique me plaisait davantage. Et un jour, voilà, j’y étais. J’ai eu à mon tour envie de découvrir ce roman, de comprendre pourquoi il plaisait autant. Bon aller, entrons dans le vif du sujet !

Miles Halter a 16 ans et pas beaucoup d’amis. Il adore connaître les dernières paroles des grands hommes, et il a l’impression de n’avoir rien vécu encore. Alors ça y est, c’est décidé : il va quitter ses parents et partir à Culver Creek, campus universitaire où son père a lui-même été scolarisé. Peut-être que là-bas, Miles trouvera son « Grand Peut-Être », quelque chose qui vaille la peine. En attendant, il va surtout faire la rencontre du Colonel, de Takumi, et surtout d’Alaska, cette fille insaisissable qui le trouble, l’attire, l’agace tour à tour.

Si l’on avait besoin d’un indice, le titre du livre indique déjà que le roman va pas mal tourner autour d’Alaska, à travers Miles puisque c’est lui que l’on suit. Et l’on comprend vite que, quoiqu’il se passera pour le jeune garçon, il y aura un avant et un après Alaska. Le roman est découpé en deux parties : avant, après. Durant toute la première partie on a un décompte qui va rythmer le récit, qui fait office de chapitrage (136 jours avant, 120 jours avant, 40 jours avant, etc, la veille), pour partir dans l’autre sens dans la seconde partie (3 jours après, 10 jours après, etc). Je parlais de rythme, et c’est bien de ça qu’il s’agit : les chapitres sont courts, au début on se demande juste à quoi ce décompte fait référence, mais plus les jours passent et plus cela produit une certaine tension, jusqu’à ce fameux jour.

Je ne vais pas vous spoiler (d’ailleurs je suis surprise d’être passée à travers les mailles du filet pendant tant d’années !) parce qu’il n’y a rien de tel que de découvrir de A à Z un roman, sans rien savoir de ce qui nous attend. Être totalement prêt à se laisser emporter par un rire, ou par une vague de tristesse. Je dois dire que je n’avais pas vraiment vu venir le drame. Notre joyeuse bande n’étant pas en reste pour faire des blagues, on peut penser à tout un tas de choses.

J’aurais tellement aimé en savoir plus sur Alaska, plutôt que moi aussi, me demander qui elle est, si ce n’est cette fille lunatique un peu mystérieuse. C’est le genre de fille qui peut être adorable à un moment, et vous crier dessus l’instant suivant. Elle gère son petit groupe et n’entend pas se laisser dicter ses choix par quiconque. C’est un personnage qui m’a beaucoup intriguée. Une fille aussi abîmée par la vie, par sa culpabilité, ne pouvait pas me laisser indifférente, bien que je comprenne qu’elle agace certains. J’ai beaucoup aimé Chip – le Colonel – sur qui on pourrait également écrire plusieurs chapitres ! Il m’a autant fait sourire que touchée. Et puis il y a Miles, terriblement humain avec ses doutes, sa quête, ses questions, peut-être un peu plus discret que les autres, mais qui va changer petit à petit tout au long de cette année. Takumi et Lara à côté m’ont paru un peu plus fades, il faut dire qu’ils sont moins présents et attirent moins l’attention peut-être.

Ce roman m’a rappelé Demain n’est pas un autre jour, de Robyn Schneider – même si dans ce dernier, les ados se retrouvent dans un sanatorium et non un simple campus universitaire. Dans les deux cas, un nouveau venu rejoint un groupe de joyeux lurons (où la fille se démarque un peu plus et suit ses propres règles) et va peu à peu se lâcher et se révéler. Bon, j’avais beaucoup, beaucoup aimé le roman de Robyn Schneider, mais je serais incapable de vous dire si ça m’aurait gêné si j’avais lu Qui es-tu Alaska avant et si j’y aurais vu un manque d’originalité.

J’ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture, qui aurait pu être un coup de cœur, s’il ne m’avait pas manqué un petit quelque chose. Un peu plus de détails, de profondeur peut-être ? A chaque fois, je lis que John Green n’a pas son pareil pour parler de l’adolescence. De temps en temps, j’ai un éclair de lucidité et je me rappelle que je ne fais plus vraiment partie de cette catégorie, et même si ce roman m’a beaucoup, que je l’ai trouvé juste sur pas mal de points, j’aurais peut-être aimé qu’il aille plus loin à d’autres moments.

En bref, ce roman, c’est un bouillon de questionnements – sur la vie, la mort, l’amitié, l’amour, la sexualité, l’alcool, l’adolescence – et d’émotions, positives ou négatives. C’est vivant. Bouleversant, intense (au final, tout se passe sur moins d’un an), émouvant, prenant. On pourrait trouver tout un lot d’adjectifs qui colleraient, mais le mieux, c’est encore que vous le lisiez si ce n’est pas encore fait !

 

Un grand merci aux éditions Gallimard pour la confiance et la découverte ! 

 

libr

Pour découvrir ce roman, c’est par ici !

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23 réflexions sur “Qui es-tu Alaska ? – John Green

  1. J’ai lu Qui es-tu Alaska il y a plusieurs années, juste après avoir lu Nos étoiles contraires. C’est difficile de choisir mais je crois que c’est mon livre préféré de John Green (je n’ai pas encore lu Tortues à l’infini) même s’il m’a laissé comme un petit goût d’inachevé.

    • Oui, je me rappelle 🙂
      Pourquoi un goût d’inachevé ?
      J’ai bien aimé « Tortues à l’infini », mais après avoir lu « Qui es-tu Alaska ? », je comprends ceux qui ont été déçus !

      • Ça fait un petit moment que je l’ai lu donc je ne me souviens pas de tout mais je crois me rappeler qu’une fois arrivée à la fin j’avais la sensation de ne pas avoir eu de réponse à la question « qui es tu Alaska? » ^^

  2. J’ai malheureusement eu un peu de mal avec les personnages. Cette histoire, bien que très bien écrite, ne m’a pas transportée…

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